À l’amie perdue, 1896· IV La querelle
VIII. « Que le matin est long dans la blanche bourgade »
Que le matin est long dans la blanche bourgadeOù je l’attends enfin après un an d’exil !Je traîne impatient ma lente promenade ;J’ai longé maint jardin, maint clos et maint courtil ;
J’ai contemplé l’église à la vieille façadeOù la pierre s’enroule en gothique tortil,Et le petit hôtel de ville avec l’arcadeEt le beffroi d’ardoise au très léger profil ;
Je sens les paysans m’observer, étonnésDe voir cet étranger qui passe et qui repasse ;Cent fois j’ai regardé l’horloge de la place ;
Mon cœur anxieux bat à coups passionnés ;Dois-je sur mes chagrins mettre encor ce déboire ?Ah ! la voici qui vient en grande mante noire !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources