À l’amie perdue, 1896· IV La querelle
IX. « Ce jour, fait de rayons palpitants et d’averses »
Ce jour, fait de rayons palpitants et d’averses,Est le jour qu’il fallait à la triste entrevueOù ma vie, imprudente amie, est suspendue.Garderas-tu le ciel, clair soleil, qui disperses
Et déchires, de l’or de tes puissantes herses,Le noir champ menaçant et morne de la nue ?Nous apportons tous deux à cette heure attendueDans des cœurs divisés des volontés diverses :
Dans le sien, le reproche et les soupçons injustes,Un amour inquiet, semblable à ces arbustesQue le vent fait plier en des sens opposés ;
Dans le mien, un amour calme et sûr de lui-même,Fort de pleurs dévorés et de transports brisés.Qui vaincra des rayons ou de l’averse blême ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources