À l’amie perdue, 1896· VIII Le deuil
II. « Sur la colline brune, où le pâtre rappelle »
Sur la colline brune, où le pâtre rappelleÀ grands cris son troupeau que rassemble son chien,Le débris écroulé d’un pauvre mur ancienEn une masse informe et sombre s’amoncelle.
Sur la crête confuse un fin arbuste grêleSi léger qu’il paraît n’avoir pas de soutien,Déployant en plein ciel son feuillage aérien,Suspend au crépuscule une noire dentelle.
Cette ruine était une chaumière heureuse,La flamme du foyer réjouissait le seuilQuand l’homme remontait de la plage brumeuse.
Il disparut en mer ; la femme fut en deuilPeu de mois ; les moutons s’égarent aujourd’huiSur ces murs où un peu de joie humaine a lui.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources