À l’amie perdue, 1896· VII Le sacrifice
XVII. « Un coin de ciel étroit où fourmillent des astres »
Un coin de ciel étroit où fourmillent des astresS’est montré, puis éteint ! Une ligne rapideDe lumière a couru sur les fûts des pilastres !Tout est noir ! Où es-tu ? Ah ! ciel ! l’église est vide !
C’est la porte qui vient de s’ouvrir ! Je suis seul !Je suis seul ! et je vais être seul désormais !.,Comme je dormirais heureux sous un linceul,Dans votre champ voisin, ô morts inanimés !
Ah ! chère âme perdue ! Était-ce donc possible !Cet adieu n’était pas qu’un cauchemar horrible !Je retombe accablé, et tout en moi se brise !
De ce lieu ténébreux, funèbrement paisible,Je veux m’enfuir, je veux sortir de cette égliseOù seul le Christ d’argent sur sa croix agonise.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources