Poésies, 1900· I Sonnets
A Monselet
Reste à Nice, Charle ! où le thon et le dauphin,Cabriolant parmi la mer luisante et bleue,Comme des diamants sur une robe à queue,Font reluire au soleil leurs écailles d’or fin.
Cependant, sous un bec de gaz, près d’une porte,Dans un café qu’enduit un criard badigeon,Moi je regarde autour des bocks de Jean GoujonS’ébattre et folâtrer maints poissons d’autre sorte.
Or je t’envie, et c’est pourquoi, cher Monselet,Tout en rêvant d’azur, je date ce pouletD’un lieu hanté par nos galantes promeneuses.
Alhambra de voyous, cathédrale d’enferOù crispée au plafond, une araignée en ferÉtend sur neuf billards ses pattes lumineuses.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources