Poésies, 1900· I Sonnets
Bellérophon
La chimère a brisé son front contre l’azur ;Elle fouettait les deux de ses ailes meurtriesEt le fer de ses pieds rayait le cristal dur…Le cavalier tomba. — Des gens, dans les prairies,
Virent cet homme étrange en son rouge pourpointSe traîner et gémir longtemps sur l’herbe verte.Pareille au sang nouveau d’une blessure ouverte,Une lueur captive étincelle à son poing…
Il cria : « Les Dieux ont le ciel, l’ivresse est mienne ! »A sa ceinture il prit une coupe, ancienneDans le chêne taillée avec de rudes nœuds ;
Et, riant du poison qui dévorait ses moelles,Il regardait fumer sur ses doigts lumineuxLe vin mystique et doux fait du sang des étoiles.
(Le Parnassiculet contemporain, 1867.)
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources