Poésies, 1900· I Sonnets
Carte a payer
Par le coin des rideaux, pâle et les mains rougiesLe matin frissonnant glisse un regard jaloux,Et contemple, tableau mélancolique et doux,Notre table et les grands débris de nos orgies.
La bisque, cette nuit, déploya ses magies,Toutes ces dames ont quelqu’un sur leurs genouxEt les flacons vaincus gisent sous les bougies.Trois heures ! Une voix soupire : — Réglons-nous ?
Des garçons indiscrets s’avance le cortège :La carte… froid sinistre et silence profond.Ces dames s’agrafant voilent leur sein de neige.
On se fouille. Les yeux levés vers le plafond,Graves, sans voir le nez que leurs convives font,M… dit peut-être et R… que sais-je ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources