Poésies, 1900· I Sonnets
Le cabaret
Sur le treillis de fer, une vigne doréeOuvre ses rameaux verts pleins de grains de métal ;L’enseigne est peinte avec un luxe oriental,On y lit : Bonne bière et vins de la contrée.
A Paris, l’air épand les senteurs d’hôpital,Et cette halte faite au village m’agrée :Qu’on me verse un bon vin, populaire et brutal !Sa verdeur sera douce à ma gorge altérée.
Avec ces paysans qui sont venus s’asseoirA ma table, je veux m’enivrer ; et ce soirVers l’heure où la nuit claire aux étangs bleus se mire,
Étendu sur le dos, dans un champ labouré,Entre deux toits couverts de chaume, je verraiLa lune sympathique et pâle me sourire.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources