Poésies, 1900· IV Chansons
Chanson romantique
Quatre seigneurs brodés chantaient dans la nuit noire :« Puisque nous sommes à boireSur la cime des grands monts,Vidons un verre en mémoireDes belles que nous aimons. »
Le premier d’une voix magnifique et profonde :« Je le dirai par le mondeAu son du fifre et du cor,Celle que j’adore est blonde,Blonde comme un écu d’or. »
Le second, capitaine aimable et sans fortune :« Celle que j’adore est brune :La belle dont je suis fier,Est pâle comme la luneQui se mire dans la mer. "
Le troisième, dans sa moustache qu’il retrousse :« La blonde, est ma foi, trop douce :La brune est rude parfois.Celle que j’adore est rousse,Comme la mousse des bois. »
Et le dernier, très jeune, avec une voix pure« La mienne, par aventureAyant prononcé des vœux,Je n’ai pu voir sous la bureLa couleur de ses cheveux. »
25 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources