Poésies, 1900· I Sonnets
L’Oaristis au bas-Meudon
LUI
Enfant naïve qui te saoulesComme les grives en étéD’un grain de raisin becqueté,Viens en cette île, loin des foules.
ELLE
Là comme un gazon velouté,O nymphe de Seine, tu roulesTes petits flots avec gaîté.
LUI
Nous entendrons glousser les poules.
ELLE
Les rainettes et les oiseaux,Dans les bois, sous les vertes eaux,Chanteront toute la vesprée.
LUI
Et tu pourras, discrètement,Baiser, de ta lèvre pourprée,Le grand verre de ton amant.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources