Poésies, 1900· I Sonnets
Polichinelle
O la belle chanson, toute du même ton.Vieille comme la Joie et comme elle éternelle,Dont l’air fantasque semble, âpre et sans ritournelle,Fait de soupirs d’amour et de coups de bâton !
Quand la brise des bois l’apporte sur son aile,Le vin bout dans la grappe, et le cœur de MartonS’ouvre naïf ainsi que la rose en bouton…C’est la grande chanson du grand Polichinelle.
Tout doré, le nez rouge et la pratique aux dents,Remplissant terre et cieux d’appels gais et stridents,Polichinelle est roi, Polichinelle danse.
Et le diable prend peur au bruit de ses sabots,Et le bourreau, subtil pourvoyeur de corbeaux,Se pend de désespoir à sa propre potence.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources