Poésies, 1900· IV Chansons
La façade du Boccador
CHANT NATIONAL DES ARCHITECTES
1
Boccador fit une façadeSur laquelle la gloire a lui,Gloire à lui !De plus cette façade a ça deParticulier qu’elle est de lui.Aussi les Ar…Aussi les Ar…Chitectes trouveraient maussadeQue la façad’ du BoccadorNe s’enlevât plus sur fond d’or.
(Ballet d’Architectes.)
2
Boccador étant architecte,Exerçait un métier fort beau.Il fit une maison suspecte,Sur le même plan qu’un tombeau.Aussi les Ar…Aussi les Ar…Chitectes, chacun les respecte,Que la façad’ du BoccadorSe détache sur un fond d’or.
(Ballet d’Architectes.)
3
Il était fier comme un trombone,Fort comme un marchand de charbon,Celui qui bâtit la Sorbonne,Aussi l’appelait-on Sor-bon.Depuis les Ar…Depuis les Ar…Chitectes ont tous une bonne !Et la facad’ du BoccadorSe détache sur un fond d’or.
(Ballet d’Architectes.)
4
Bien plus tard, dans les terrains vides,Au Gros-Caillou, non loin de l’eau,Qui donc planta les Invalides ?C’est l’Italien Invalo !Ma foi ! les Ar…Ma foi ! les Ar…Chitectes sont des gars solides !Que la façad’ du BoccadorSe détache sur un fond d’or.
(Ballet d’Architectes.)
5
Notre divine architectureEst évidemment un bel art !Elle doit tout à la natureEt n’emprunte rien au hasard,Aussi les Ar…Aussi les Ar…Chitectes s’en vont en voiture !Que la façad’ du BoccadorSe détache sur un fond d’or.
(Ballet d’Architectes.)
6
Le plan, l’élévation, la coupeSont lavés et puis adoptés,De gros murs se dressent en groupeEt tout ça forme des cités.Alors les Ar…Alors les Ar…Chitectes vont manger la soupeQue la façad’ du BoccadorSe détache sur un fond d’or.
(Ballet d’Architectes.)
7
Les plus malins font des courbettes,D’autres combinent des projets,Le jury choisit les plus bêtes,Et voilà les concours jugés.Alors les Ar…Alors les Ar…Chitectes ont de bonnes têtes,Et la facad’ du BoccadorSe détache sur un fond d’or.
(Ballet des Architectes.)
8
Boccador fit une façadeSur laquelle la gloire a lui,Gloire à lui !De plus cette façade a ça deParticulier qu’elle est de lui.Aussi les Ar…Aussi les Ar…Chitectes trouveraient maussadeQue la façad’ du BoccadorNe s’enlevât plus sur fond d’or.
(Ballet d’Architectes.)
Marjolaine
Le plumet d’un beau capitaineA causé cet affreux malheur ;Plaignez la pauvre MarjolaineMorte d’amour et de douleur.Elle était belle, elle était sage ;Chacun parlait de sa vertu,Et sous les fleurs de son corsageSon cœur n’avait jamais battu.Vint à passer sous sa fenêtreLe capitaine aux airs altiers ;Elle l’aima, sans le connaître ;Lui l’adora trois jours entiers.Mais, hélas ! le beau capitaineS’en alla le quatrième jour.Plaignez la pauvre Marjolaine,Morte de douleur et d’amour.
90 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources