Poésies, 1900· V Poèmes et fantaisies
Muse paysanne
A Aimé Perret.
Perret, ta muse paysanne,Nymphe plutôt, nymphe bressane,Au seuil de l’an près de finir,Inquiète comme sœur Anne,Dis-moi, que voit-elle venir ?
Sous les chênes et sous les hêtres,Pourrons-nous, ainsi qu’autrefois,Malgré la Triplice aux aboisEt les porte-casque et les traîtres,Boire, ivres du parfum des bois,La liqueur d’or de nos ancêtres ?
Mais chut ! car l’oracle a parléDu clair gobelet ciselé ;Et dans la mousseuse cervoiseOù rit un rayon de soleil,Frissonne, indomptable et vermeil,L’orgueil de notre âme gauloise.
(1895.)
17 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources