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un seul est le mot juste.

Le sang de la coupe, 1857

Le Jugement de Pâris

Théodore de Banville· strophes variées, alexandrins et octosyllabes, 556 vers

I Les Noces de Pélée

Le Chœur

Sœurs du dieu de Claros,‖ chantez en chœur. Les DieuxPleins de joie ont quitté‖ l’Ouranos radieuxPour les grands monts de Thessalie.Tressez vos chants divins,‖ sœurs du dieu de Claros !Le Nysien joyeux‖ avec le chaste Éros,La joie avec l’amour s’allie.

Éris

Des sommets que baigne le jourDélaissant la splendeur austère,L’Olympe descend sur la terre ;Astrée heureuse est de retour.Moi seule, sans que nul me voie,J’écoute leurs longs cris de joie,Et de rage mon front flamboieComme les leurs brillent d’amour.O mon âme, foyer de haine !Entr’ouvre-toi sans clameur vaine,Et contre les cœurs purs déchaîneQuelque insatiable vautour !

Le Chœur

Tous sont venus unis‖ pour une même fête,Depuis Hèra d’Argos,‖ qui règne sur le faîte,Jusqu’à la blanche Dioné.Pallas contre la pourpre‖ échange la cuirasse,Et l’invincible Arès,‖ le dur guerrier de Thrace,Adoucit son front sillonné.

C’est qu’embrassant l’épouse‖ à sa couche appelée,Vaincu par le Désir,‖ l’indomptable Pélée,Le petit-fils du dieu des airsVoit triompher Cypris‖ de son dédain farouche,Et dormira ce soir‖ dans une même coucheAvec Thétis aux cheveux verts.

Pélée, élevant sa coupe

Je bois, sous l’ardente prunelleDe Zeus, porte-sceptre, aux enfantsD’Ouranos, rois et triomphants,A toute la troupe immortelle !

Zeus

Recevez mes suprêmes dons.A toi, prince des Myrmidons,Les combats que nous décidons ;A toi, Thétis, la mer rebelle,Les abîmes du flot béant,Le pouvoir de mettre au néantLes colères du flot géant…

Éris, jetant la pomme d’or

Et cette pomme à la plus belle !

Les Déesses, à Zeus

C’est à moi, c’est à moi‖ d’avoir le fruit doré.Sur ma tempe d’ivoire‖ et mon bras adoréLa lumière rit et se joue.L’or serre avec amour‖ mes cheveux bien plantés,Et la pourpre divine‖ aux plis ensanglantésN’a jamais fait pâlir ma joue.

L’archer Éros lui-même loueMes cheveux touffus qu’il dénoue,Mon teint harmonieux‖ doucement coloréEt mes pieds blancs qui sur le sableFont une empreinte insaisissable.C’est à moi, c’est à moi‖ d’avoir le fruit doré.

Cypris

Dans la nuit où le sang‖ d’Ouranos abhorréSouilla l’Océan vaste,Où Thétis dans ses bras,‖ qu’en naissant j’honorai,Me porta jeune et chaste,

Vers Cypre aux bords charmants,‖ que baignent de grands flotsJ’abordai solitaire,Et tu vis sous mes pas‖ le doux printemps éclosQuand je touchai la terre.

Tu vis dans ces beaux lieux,‖ d’où l’épouvante fuitSans que tu t’en irrites,Paraître le riant‖ Éros, fils de la Nuit,Et les blanches Charites.

Et tu me dis : Leurs fronts‖ sont semblables au tien,Ne t’éloigne pas d’elles.Sois Déesse ! et reçois‖ pour guide et pour soutienCes trois divins modèles.

La forme est ton empire,‖ et tu conserverasLa ligne humble et féconde,Et tu tordras sans cesse,‖ en élevant les bras,Tes cheveux sur le monde !

Pallas

O mon père, Cypris‖ est née au sein de l’ondeVierge de pas humains,Mais moi, je m’élançai‖ de ta tête profonde,Un glaive dans les mains,

Et je t’aidai pendant‖ la guerre difficileContre les durs géants,A les précipiter‖ sous les monts de SicilePleins de gouffres béants.

Seule, parmi mes sœurs‖ de la guerre alarmées,Tu sais ce que je vaux,Et comme je contiens‖ les phalanges arméesEt le frein des chevaux.

Quand le combat frémit,‖ tu sais si je balance,Ou si dans les sillons,Les pieds sur les mourants,‖ je verse avec ma lanceLe sang des bataillons.

Tu sais si, chérissant‖ ma science rigideEt ma virginité,Je les préserve encor‖ de mon horrible égideAinsi que ma beauté !

Hèra

De nous tous les grands Dieux,‖ toi le plus redoutéSur les célestes cimes,Toi qui, sûr de la force‖ et de l’impunité,Accumules les crimes,

Kroniôn ! oses-tu,‖ sans donner leur essorAux suprêmes injures,Hésiter à présent,‖ et retourner encorLe fer dans mes blessures ?

Moi, reine des humains,‖ moi du maître des DieuxEt la sœur et l’épouse,Je subis des mépris‖ qui font horreur aux cieux :Mais, ô fureur jalouse !

Peut-être qu’à la fin‖ mon cœur qui saigne, hélas !Et ma rage obsédéeTrouveront le moyen‖ de réduire PallasComme Philomédée,

Celle qui le défend,‖ et celle qui l’aidaDans ses amours indignes,Et qui mit dans sa voix,‖ pour égarer Léda,Le divin chant des cygnes !

Zeus

Au sommet de l’Ida,‖ sous de pauvres habits,Le fils d’un roi puissant‖ fait paître ses brebis,Et couché parmi l’herbe‖ épaisse, au pied d’un hêtre,Il enfle ses pipeaux‖ ainsi qu’un dieu champêtre.

Là tantôt du regard‖ il compte ses taureaux,Ou, soucieux, rêvant‖ la gloire des héros,Il écoute gémir‖ les eaux du fleuve AnaureDont les flots argentés‖ rendent un bruit sonore.

Il gravit les sommets‖ dès que le jour a lui.Hermès, fils de Maïa,‖ tu vas voler vers lui,Rapide, et franchissant‖ les cieux à tire-d’ailes,Et tu lui rediras‖ ces paroles fidèles :

Pasteur aimé de Pan,‖ ô Pâris, fils de roi !Laisse là tes brebis‖ et calme ton effroi.De l’Olympe neigeux‖ trois Déesses sublimesOnt pour ton jugement‖ quitté les hautes cimes.

Pèse en tes mains les flots‖ de leurs cheveux tremblants ;Regarde leurs bras ; vois‖ quels pieds sont les plus blancs,Et quel sein virginal‖ montre, par sa courbure,Sous le riche péplos‖ la forme la plus pure.

Compare la blancheur‖ des dents et la façonDont les sourcils égaux,‖ plantés à l’unisson,S’arrondissent en arc,‖ puis offre à la plus belleCe fruit d’or, qu’elle estime‖ un prix bien doux pour elle.

Le Chœur

Comme le lait divin‖ de la Mère immortelleSur l’univers entier‖ tombe de sa mamelleEt va tout féconder au loin.Ainsi le roi des Dieux‖ sur nous avec largesseRépand dans ses discours‖ sa féconde sagesseQue nous recueillons avec soin.

La querelle à présent‖ reste entre les trois reines.Hèra montre aux amours‖ des splendeurs souveraines,Pallas, belle comme les soirs,A des regards d’azur‖ dont nul cœur ne se sauve,Et Cypris, secouant‖ sa chevelure fauve,Met des éclairs dans ses yeux noirs.

Éris

Ainsi que les magiciennesComposent d’amères liqueursEn poussant des clameurs obscènes,Ainsi j’ai des poisons vainqueurs.C’est toujours le vieux sang rebelleQui gonfle ma rude mamelle,Plein de ma haine, ardent comme elle.

Ah ! je brave les Dieux moqueursQuand je vois, malgré leurs outrages,S’amasser de jalouses rages,Et quand j’ai longtemps dans les cœursÉpanché mon cœur plein d’orages !

Le Chœur

Tressez vos chants divins,‖ sœurs du dieu de Claros !Le Nysien joyeux‖ avec le chaste Éros,La joie avec l’amour s’allie.Thétis aux cheveux verts‖ est épouse, et les DieuxOnt quitté sans regrets‖ l’Ouranos radieuxPour les grands monts de Thessalie !

II

Les trois Déesses, précédées par Hermès, traversent les airs dans des chars rayonnants.

Le Chœur sur la terre

Quelle clarté nouvelle‖ illumine les cieuxFulgurants, et nous force‖ à baisser la paupière ?Des feux épanouis‖ éblouissent nos yeux.Le roi Zeus est-il las‖ de nos temples de pierre,Et fait-il pour ses fils‖ un temple de soleil ?Les grands Dieux ont-ils vu‖ briller à leur réveilUn astre né d’hier‖ qui veut trouver sa route,D’un vol si furieux‖ qu’il épouvanteraLes vieux flambeaux épars‖ dans l’éternelle voûte ?Est-ce un sanglant prodige ?‖ ou la belle HèraA-t-elle fait encore,‖ en secouant ses voiles,D’une goutte de lait‖ un chœur dansant d’étoiles ?

Hermès

Déesses ! pressez vos coursiers !Il ne faut pas que vous laissiezLa Nuit arriver la première.Laissez fuir vos chars de lumière !Si le plaisir a peu d’instants,Les heures comptent les tristesses.Pressez voz coursiers, ô Déesses !Les Heures ont courbé le Temps.Laissez fuir vos chars éclatants !

Chœur des Hommes

Ce feu ne meurtrira‖ que la terre où nous sommes !Quels que soient ces éclairs‖ dont s’embrase le ciel,Nous serons la victime‖ offerte sur l’autel.L’aube d’un jour fatal‖ s’allume pour les hommes,Car rien ne peut troubler‖ l’Olympe radieux,Et nous portons la joie‖ et la haine des Dieux.La race d’Ouranos‖ frappe la race humaine.Ainsi les cieux, par qui‖ nous sommes éblouis,Scintillèrent, vêtus‖ de rayons inouïs,Le matin de ce jour‖ où le fils de Clymène,Au milieu des clameurs‖ de la terre en sanglots,Funeste et foudroyé,‖ s’abîma dans les flots.

Hèra

Aglaïa, Thalie, Euphrosyne,Vous qui savez donner‖ le regard qui fascine,S’il est vrai, sur l’Olympe‖ aux ombrages dormants,Qu’un jour je vous conçus‖ dans des baisers charmants,Plus rapides cent fois‖ que la flèche des ThracesQui vole avec des sifflements,Et que le vautour fauve‖ et les corbeaux voraces,Venez, et volez sur mes traces !

Chœur des Femmes

Jadis, comme aujourd’hui,‖ les cieux que nous voyonsScintillèrent, brillants‖ de pourpre et de rayons,Et montrèrent aux yeux‖ des splendeurs inconnues.Les hommes étonnés‖ se demandaient entre euxSi la foudre aux cent voix‖ se forgeait dans les nues,Ou si, défaits après‖ des combats désastreux,D’autres Titans mouraient‖ dans les flammes célestes.Ce fut le jour, ô jour‖ à jamais abhorré !Où succombant, hélas !‖ à des conseils funestes,La mère de Bacchos,‖ sur son lit vénéréDuquel, avant le jour,‖ on avait vu descendreUn dieu tout rayonnant,‖ tomba réduite en cendre.

Pallas

Volez, ô mes coursiers sans frein,Habitués au bruit‖ des boucliers d’airain,Vous qui, lorsque la Guerre‖ éblouissait confuse,Écrasiez sous vos pieds‖ les artisans de ruse !Brillez comme autrefois,‖ armes que je suspendsA mon égide, et toi, Méduse,Pour me faire plus belle‖ emplis d’éclairs rampantsTes cheveux qui sont des serpents !

Le Chœur

Phoebos a-t-il encore‖ à quelque téméraireConfié pour un jour‖ son char d’or et d’onyx ?A-t-il promis d’avance‖ et juré par le Styx ?D’autre Nymphes en pleurs‖ par un chant funéraireVont-elles consoler‖ une autre ombre, et va-t-onVoir tomber dans les flots‖ un nouveau Phaëton ?Pour une autre rivale‖ aimante et préférée,La déesse d’Argos,‖ comme pour Sémélé,A-t-elle empli de haine‖ une feinte dorée ;Et le roi Zeus, du haut‖ de son nuage ailé,Vient-il chercher encore,‖ épouvantant nos âmes,Une amante aux beaux yeux‖ qui mourra dans les flammes ?

Hermès

Déesses, pressez vos coursiers !Plus vite que nos blancs ramiersEt que notre rose courrière,Laissez fuir vos chars de lumière !Tandis qu’en vos cœurs palpitantsLa colère met ses ivresses,Pressez vos coursiers, ô Déesses !Avec l’Euros et les autansLaissez fuir vos chars éclatants !

Chœur des Femmes

Quand Sémélé portait‖ Bacchos dans ses entrailles,Furieuse, et rêvant‖ de promptes représailles,Hèra sentit la rage‖ emplir son cœur jaloux.Sur son lit solitaire‖ elle versa des larmes,Et par ces mots amers‖ exhala son courroux :Quoi ! ce n’est point assez‖ d’avoir vu tous mes charmesHaïs et dédaignés‖ pour des baisers mortels !Non contente à la fin‖ d’outrager mes autels,Et d’attirer à soi,‖ lorsque la nuit scintille,L’amour de Zeus qui fuit‖ loin de mes bras tremblants,Ma rivale en reçoit‖ un gage dans ses flancs !Mais, ô Kronos, Titan‖ rusé, je suis ta fille !

Elle dit. Aussitôt‖ elle ride son frontComme s’il eût des ans‖ subi le rude affront.De rares cheveux gris‖ elle ombrage sa tempe,Et fuit vers Sémélé‖ dans un nuage d’or.Sérieuse, courbée,‖ et portant une lampe,Parlant à mots comptés‖ d’une voix ferme encor,Elle avait tout l’aspect‖ de la sage nourriceBéroë, qui porta‖ Sémélé dans ses bras.Hélas ! dit-elle, enfant,‖ redoute un artifice.Bientôt, le cœur gonflé‖ de pleurs, tu gémiras,Car souvent un mortel,‖ le mensonge à la bouche,Est monté comme dieu‖ sur une chaste couche.

Si l’amant de tes nuits‖ est le Dieu des humains,Qu’il vienne à toi, brillant‖ des clartés qu’il étaleAux genoux dédaigneux‖ de Hèra ta rivale,Ceint d’éclairs et terrible,‖ avec la foudre aux mains.Ce discours éveilla‖ l’orgueil de la Thébaine.En flattant de la main‖ ses longs cheveux d’ébène,Le roi Zeus se lia‖ par un fatal serment.Et quand, rouge d’éclairs,‖ il vint, céleste amant,Dans son triomphe heureux‖ que l’univers acclame,La mortelle, livrée‖ à ses destins écrits,Sentit son fol espoir‖ expirer dans la flammeEt sa vie à l’Orcos‖ fuir avec de grands cris.

Cypris

Au-dessus des mers et des syrtes,De Cypre bien aimée,‖ où fleurissent les myrtes,Venez, fendez la nue‖ et l’air étincelant,Colombelles de neige‖ au plumage tremblant !

Et vous aussi, venez,‖ mes fils aux blondes ailes,Que le cœur cherche en se troublant !Pour le berger qui vaut‖ tous les amants rebellesRendez-moi belle entre les belles !

Chœur des Hommes

Phaëton, outragé‖ par le dédain moqueurD’Épaphos, et blessé‖ par lui dans son cher cœur,Alla, par les conseils‖ de Clymène sa mère,Jusques aux palais d’or‖ de Phoebos-Apollon.Le dieu lui confia,‖ malgré sa crainte amère,Son char et ses chevaux‖ au souffle d’aquilon.Et, dès qu’à l’Orient‖ s’enfuirent les étoiles,Que dans les vastes cieux,‖ de sa beauté surpris,L’Aurore, rougissant‖ de paraître sans voiles,Montra son front semblable‖ à des rosiers fleuris,Le mortel, ignorant‖ où l’entraînaient ses fraudes,Lança le char divin‖ constellé d’émeraudes.

Bientôt, habitués‖ à de plus fortes mains,Les chevaux du Soleil‖ s’écartent de la route.Phaëton, étranger‖ aux célestes chemins,Tressaille, et de terreur‖ son âme s’emplit toute.Il voit les monts s’ouvrir,‖ les fleuves se sécher,Les forêts devenir‖ un immense bûcher,Et comme des flambeaux‖ se consumer les astres.Alors la Terre énorme,‖ en proie à ces désastres,Supplia Zeus vengeur‖ dans les cieux étoilés,Déplorable, et montrant‖ sa tête flamboyante,Son vaste sein tari,‖ ses grands cheveux brûlés,Et ses os de rochers‖ fondus en lave ardente.

Zeus irrité lança‖ du haut du ciel vermeilSa foudre sur le char‖ enflammé du Soleil.Laissant derrière lui‖ des sillons de lumière,Phaëton s’abîma‖ dans le vaste Éridan.Telle du vaste azur‖ tombe au fleuve OcéanUne étoile, ravie‖ à sa splendeur première.Sur un lit de roseaux‖ le cadavre meurtriFut lavé par les mains‖ des tristes HélïadesAvec les eaux du ciel‖ et les pleurs des Hyades.Phoebos en fut ému ;‖ de leur front tout flétriDes rameaux verdoyants‖ jaillirent avec forceEt leur sein virginal‖ s’environna d’écorce.

Hermès

Déesses, pressez vos coursiers !Comme la flamme des trépiedsQue le vent torde leur crinière !Laissez fuir vos chars de lumière !Qu’ils soient comme les feux ardents,Frères des foudres vengeresses !Pressez vos coursiers, ô Déesses ;Comme la flamme aux mille dentsLaissez fuir vos chars éclatants !

Le Chœur

D’une goutte de lait‖ un chœur dansant d’étoilesEst-il sorti superbe‖ et la couronne au front,Comme lorsque Hèra,‖ secouant ses grands voiles,Argenta ce chemin‖ que tous les Dieux suivront,Et fit, en épanchant‖ ses mamelles sacrées,Des mers de diamant‖ dans les mers azurées ?On dirait que les Dieux,‖ retirés dans leurs camps,Se sont fait un rempart‖ avec mille volcans.Pourtant sur leurs autels‖ ceints de fleurs et de lierre,Le sang versé ruisselle‖ avec des vers pieux.Quelle clarté nouvelle‖ illumine les cieuxFulgurants, et nous force‖ à baisser la paupière ?

III

Les Nymphes et les Naïades du fleuve entourent Pâris endormi sur le mont Ida.

Chœur des Nymphes et des Naïades

Sommeille, ô bel enfant,‖ et que le dieu voiléÉgare tes yeux bleus‖ dans un rêve étoilé !Vêtu d’un sombre azur,‖ comme le ciel nocturne,Qu’il verse autour de toi‖ les trésors de son urne,Et te fasse entrevoir‖ sur ces coteaux penchantsL’Olympe, débordé‖ de lumière et de chants.Sommeille ! pour sourire‖ à ta beauté fatale,J’ai quitté les fraîcheurs‖ de mon onde natale,Et renoncé, tandis‖ que le jour brille encor,A tresser mes cheveux‖ pareils au sable d’or.Car la Nymphe du fleuve‖ et des grottes profondesT’aime avant les grands bois‖ et la fraîcheur des ondes.

Lorsque ta mère Hécube,‖ avec un doux espoir,Te portait dans son sein,‖ un songe lui fit voirUn flambeau sortir d’elle‖ et mettre en feu l’Asie.Et, sitôt que du jour‖ tu goûtas l’ambroisie,Tu fus dans ces grands bois,‖ par tes frères jaloux,Exposé sans défense‖ aux morsures des loups.Mais moi, dans ma pitié,‖ sur des tapis de mousseJ’ai recueilli d’abord‖ ton enfance humble et douce ;Et, tu le sais, berger,‖ plus tard, quand tu revins,Heureuse, et frappant l’herbe‖ avec mes pieds divins,J’ai, la robe flottante‖ et le front ceint de lierre,Conduit sous ces grands bois‖ ma danse régulière.

Puisque je veille ainsi,‖ comme sur des trésors,Sur ta calme beauté,‖ dors, ô bel enfant ! dors.Que le vague Morphée‖ en songe t’émerveille !Mais sa paupière s’ouvre,‖ ô mes sœurs, il s’éveille :Comme au sortir d’un rêve,‖ il pâlit, et ses yeux,Levés languissamment‖ vers l’abîme des cieux,Semblent y contempler‖ des formes inconnues.Quels chars éblouissants‖ sortent du sein des nues ?Quelles divinités‖ quittent le ciel serein ?C’est la sage Hèra,‖ Pallas au cœur d’airain,Dont le lourd bouclier‖ brille parmi les ombres,Et Cypris aux yeux noirs,‖ amante des nuits sombres.

Pâris

Mes sœurs, vous qui dansez‖ au fond des bois épais,Ou qui cherchez dans l’ombre‖ une amoureuse paix,Cependant que les flots,‖ que votre voix étonne,Disent aux durs rochers‖ leur ennui monotone,Fuyez au bois ! fuyez‖ sous les ruisseaux d’argent !Moi, sur le bord du fleuve,‖ en berger diligent,J’assemble les troupeaux‖ de brebis et de chèvres,Charmés par les doux chants‖ qui coulent de vos lèvres,Parmi l’herbe des prés‖ où je les ai conduits,Car les Dieux n’aiment pas‖ que nos regards, séduitsPar les rayons brûlants‖ dont leur couronne est ceinte,Affrontent leurs regards‖ et leur majesté sainte !

Hermès

Pasteur aimé de Pan,‖ ô Pâris, fils de roi !Laisse là tes brebis‖ et calme ton effroi.De l’Olympe neigeux‖ trois déesses sublimesOnt pour ton jugement‖ quitté les hautes cimes.Pèse en tes mains les flots‖ de leurs cheveux tremblants ;Regarde leurs bras ; vois‖ quels pieds sont les plus blancs,Et quel sein virginal‖ montre, par sa courbure,Sous le riche péplos‖ la forme la plus pure.Compare la blancheur‖ des dents et la façonDont les sourcils égaux,‖ plantés à l’unisson,S’arrondissent en arc,‖ puis offre à la plus belleCe fruit d’or, qu’elle estime‖ un prix bien doux pour elle.

Hèra

Fils de Priam, approche‖ et viens à mon côté.Si tu m’offres le prix‖ qu’on garde à la beauté,Avec tous les trésors‖ dont l’homme s’extasie,Je puis mettre à tes pieds‖ les trônes de l’Asie.Règne. Après les grands Dieux‖ on adore les rois,Car, affranchis comme eux‖ de la pudeur des lois,Ils savent le secret‖ des plus humbles retraites,Et trouvent pour leurs vœux‖ toutes leurs amours prêtes.La pourpre, sur leurs corps‖ divins et sur leurs fronts,Cache aux regards de tous‖ le sang et les affronts,Et leur désir ailé,‖ sans limite et sans règle,S’en va droit à son but,‖ comme le vol de l’aigle !

Pallas

Fou qui, pouvant prétendre‖ à de riches butins,S’endormirait stupide‖ au milieu des festins !Mais moi, loin de t’offrir‖ la pourpre, à tort vantée,Qu’un ennemi mourant‖ n’a pas ensanglantée,Vain effroi du vulgaire‖ et des jeunes taureaux,Je te rendrai l’égal‖ des plus vaillants héros.Dans les champs de bataille,‖ horreur des pâles veuves,Où le sang débordé‖ teint de rouge les fleuves,Sur les fronts les plus hauts‖ j’alourdirai ton bras,J’endurcirai ton cœur,‖ et tu t’enivrerasDes clairons pleins de cris,‖ des poudreuses mêléesEt du tressaillement‖ des foules écroulées !

Cypris

Tombez, voiles jaloux !‖ Vois les trésors éparsDont j’ose sans rougir‖ enivrer tes regards.Admire mes cheveux‖ d’or pur, mon corps d’ivoire,Où, parmi les blancheurs,‖ tressaille une ombre noire.Qu’ai-je à faire du sceptre‖ et des lourds boucliers ?Ces charmes tant chéris,‖ si souvent suppliés,Sont des boucliers sûrs‖ et de paisibles armes.En échange du prix‖ qui cause tant d’alarmes,La fille que Léda‖ conçut près des flots bleus,Dans les embrassements‖ du beau cygne onduleux,Livrera sans colère‖ à ton amour fidèleSon corps charmant, semblable au mien.

Pâris laisse tomber la pomme aux pieds de Cypris.

Pâris

A la plus belle !

Cypris

Déesses au cœur fier,‖ habiles au mépris,Voyez quelles beautés‖ ont mérité le prix !C’est toi qui sur l’Olympe,‖ en ses cavernes basses,Hèra ! dans des baisers‖ charmants conçus les Grâces,Et qui les enfantas‖ dans de grandes douleurs.Le sang pur de ta veine‖ a coulé dans les leurs,Tu leur ouvres tes bras,‖ et tu verses sur ellesL’intarissable flot‖ des bontés maternelles.Tu les as fait monter‖ au Parnasse divin,Près des Muses leurs sœurs,‖ et pourtant, c’est en vainQue, sur le roc sonore‖ où les guide Euphrosyne,Tu leur as demandé‖ le regard qui fascine.

Et toi, qui des combats‖ affrontes les hasards,A quoi donc t’ont servi‖ tes coursiers et tes dards ?Ton front, que l’homme craint‖ plus qu’il ne le révère,N’a pas été lavé‖ par des baisers de mère ;C’est par une blessure‖ où brilla le sang clairQue tu jaillis du front‖ de Zeus, comme un éclair,Et jamais un amant,‖ à l’aurore naissante,N’a tordu tes cheveux‖ dans sa main frémissante.Il faut que ton orgueil‖ descende à l’avouer :Les hommes en retour‖ dédaignent de louerCelles qui, leur prenant‖ le casque et la cuirasse,Préparent des festins‖ pour le corbeau vorace.

Mais celle qui chérit‖ mes mystères vantés,Je lui donne le sens‖ des sages voluptés.Elle boit à ma coupe,‖ et, sur toute la terre,Apprend comme aux bosquets‖ de Cypre et de Cythère,Où j’emplis de soupirs‖ les ombrages discrets,Tout ce que ma ceinture‖ enferme de secrets !Et maintenant venez,‖ mes fils aux blondes ailes,Et vous dont le plumage‖ est blanc, mes colombelles :Fuyons les cris de rage‖ et les espoirs déçus !Fendez le sein des airs,‖ et volez au-dessusDes bois profonds, des mers,‖ des rochers et des syrtesVers Cypre bien aimée,‖ où fleurissent les myrtes !

Pallas

O durs affronts, tombés‖ dans des cœurs immortels !Qui désormais voudra,‖ sur nos tristes autels,Pour attirer à soi‖ des regards plus propices,Faire couler à flots‖ le sang des sacrifices ?Hèra ! viens ! pour guérir‖ notre cœur ulcéré,Dépouillons la splendeur‖ de notre front sacré.Cherchons l’ombre et le bruit,‖ les promptes funérailles,Les champs tièdes encor‖ de récentes batailles,Où, privés pour jamais‖ du calme des tombeaux,Les héros mutilés‖ râlent, où les corbeaux,Sombres comme l’Érèbe‖ ou comme nos pensées,Planent sinistrement‖ en légions pressées !

Les Déesses, précédées par Hermès, s’envolent sur leurs chars.

Le Chœur

C’est moi, fils de Priam,‖ qui parmi ces grands boisAi doucement, aux sons‖ cadencés de ma voix,Guidé tes premiers pas‖ sur l’herbe, et quand naguèresTu parus dans les jeux,‖ né pour les grandes guerres,Tu vainquis même Hector,‖ qui de tous tes rivauxÉtait le plus habile‖ à dompter les chevaux.Maintenant, pour juger‖ les Déesses en larmesChoisi par le roi Zeus,‖ ô berger, tu les charmes !Tel fut ce bel enfant‖ que je ne verrai plus,Ganymède, enlevé‖ sur ces monts chevelus,Ou tel dans Naxos vint,‖ sur la mouvante lame,Lysios florissant,‖ au visage de femme.

Pâris

O mon Hélène ! Hélène,‖ orgueil charmant des cieux,Est semblable à Cypris !‖ O flots silencieux !O mers ! O bois profonds !‖ leurs cheveux clairs et sombresSont, comme vous, baignés‖ de lumières et d’ombres.O nuit voilée, en pleurs‖ pour Phoebos qui s’enfuit !Torrents échevelés‖ qui roulez dans la nuit !O neiges des hauteurs !‖ Temples au front d’ivoire !Tels brillent leurs pieds blancs‖ et leur prunelle noire.Nymphes qui sur moi seul‖ attachez vos regards,Oh ! qui m’emportera‖ vers Hélène ! Quels chars ?Quelles mers ? Quels zéphyrs,‖ amants des cieux d’étoiles ?Quels rapides vaisseaux,‖ ailés de blanches voiles ?

Le Chœur

Que les arbres noueux,‖ épargnés par les ansTombent sous la cognée‖ et les marteaux pesants !Qu’avec des bruits pareils‖ à la voix des tonnerres,Roulent déracinés‖ les chênes centenaires !Que la Dryade en pleurs‖ torde ses bras tremblantsEt saigne autour de toi‖ la sève de ses flancs !Quand le flot frémira‖ sous tes légers navires,Moi-même, abandonnant‖ mes cheveux aux zéphyres,Je viendrai de ta route‖ écarter les dangersEt pousser de mes mains‖ tes navires légers.Thétis pour me sourire‖ apaisera ses ondes,Et rira de me voir‖ sous ses grottes profondes.

En quittant le rivage‖ aimé des matelotsOù régna Dardanos,‖ où, roulant ses grands flots,L’Ismare dans la mer‖ jette une onde affligée,Gagne la mer de Thrace,‖ où le cap de PangéeA l’ombre des palmiers‖ montre, couvert de lys,Le mausolée où dort‖ l’amoureuse Phyllis ;Autour de son tombeau,‖ tu reverras l’enceinteOù, fatiguant les airs‖ d’une inutile plainte,Elle appela neuf fois‖ son jeune époux absent.Sous les arbres en fleur,‖ son spectre pâlissantLe cherche encor parfois‖ au milieu des arènesEt revient l’appeler‖ pendant les nuits sereines.

Tu verras l’Achaïe‖ et ses riches cités,Mycènes la superbe‖ et Phthie aux champs vantésQue la limpide mer‖ baigne comme une amante.Dès qu’à tes yeux fuiront‖ les prés de l’Érymanthe,Sparte t’apparaîtra,‖ Sparte où tendent tes vœux,Où les vierges, mes sœurs,‖ dénouant leurs cheveux,Aux bords de l’Eurotas‖ cueillent le laurier-rose.C’est là qu’abandonnée‖ à des chagrins sans cause,Hélène, les cheveux‖ épars sur son sein nu,Attend sans le savoir‖ son amant inconnu,Et, dans ses longues nuits‖ aux souffrances sans trêves,Étreint de ses deux bras‖ les fantômes des rêves.

Avril 1846.

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
153[aa] 18[abba] 3[aaa] 2[abbba] 30[abab] 1[abbab] 3[abbaa] 3[aababb]
Mètre
Alexandrins et octosyllabes (436 de 12, 90 de 8, 30 de 6)· profil 8, 6, 6+6
Mots à la rime
a Dieux / radieux masculine, classiquea Thessalie / s’allie féminine, classiqueb Claros / Éros masculine, classiquea jour / retour masculine, classiqueb austère / terre féminine, classiquea voie / joie / flamboie féminine, classiquea d’amour / vautour masculine, classiqueb haine / vaine / déchaîne féminine, classiquea fête / faîte féminine, classiquea Dioné / sillonné masculine, classiqueb cuirasse / Thrace féminine, classiquea appelée / Pélée féminine, classiquea airs / verts masculine, classiqueb farouche / couche féminine, classiquea prunelle / immortelle féminine, classiqueb enfants / triomphants masculine, classiquea dons / Myrmidons / décidons masculine, classiquea rebelle / belle féminine, classiqueb béant / néant / géant masculine, classiquea doré / adoré masculine, classiquea joue féminine, classiqueb plantés / ensanglantés masculine, classiquea loue / dénoue féminine, classiquea coloré / doré masculine, classiqueb sable / insaisissable féminine, classiquea abhorré / j’honorai masculine, classiqueb vaste / chaste féminine, classiquea flots / éclos masculine, classiqueb solitaire / terre féminine, classiquea fuit / Nuit masculine, classiqueb irrites / Charites féminine, équivalentea tien / soutien masculine, classiqueb d’elles / modèles féminine, classiquea conserveras / bras masculine, classiqueb féconde / monde féminine, classiquea l’onde / profonde féminine, classiqueb humains / mains masculine, classiquea difficile / Sicile féminine, classiqueb géants / béants masculine, classiquea alarmées / armées féminine, classiqueb vaux / chevaux masculine, classiquea balance / lance féminine, classiqueb sillons / bataillons masculine, classiquea rigide / égide féminine, classiqueb virginité / beauté masculine, classiquea redouté / l’impunité masculine, classiqueb cimes / crimes féminine, classiquea essor / encor masculine, classiqueb injures / blessures féminine, classiquea Dieux / cieux masculine, classiqueb l’épouse / jalouse féminine, classiquea hélas / Pallas masculine, classiqueb obsédée / Philomédée féminine, classiquea l’aida / Léda masculine, classiqueb indignes / cygnes féminine, classiquea habits / brebis masculine, classiquea hêtre / champêtre féminine, classiquea taureaux / héros masculine, classiquea Anaure / sonore féminine, classiquea lui masculine, classiquea tire-d’ailes / fidèles féminine, classiquea roi / effroi masculine, classiquea sublimes / cimes féminine, classiquea tremblants / blancs masculine, classiquea courbure / pure féminine, équivalentea façon / l’unisson masculine, classiquea belle / elle féminine, classiquea immortelle / mamelle féminine, classiquea loin / soin masculine, classiqueb largesse / sagesse féminine, classiquea reines / souveraines féminine, classiquea soirs / noirs masculine, classiqueb sauve / fauve féminine, classiquea magiciennes / obscènes féminine, classiqueb liqueurs / vainqueurs masculine, classiquea rebelle / mamelle / elle féminine, classiquea moqueurs / cœurs masculine, classiqueb outrages / rages / d’orages féminine, classiquea s’allie / Thessalie féminine, classiquea cieux / yeux masculine, classiqueb paupière / pierre féminine, classiquea soleil / réveil masculine, classiquea route / voûte féminine, classiqueb épouvantera / Hèra masculine, classiquea voiles / d’étoiles féminine, classiquea coursiers / laissiez masculine, classiquea première / lumière féminine, classiquea d’instants / Temps / éclatants masculine, classiqueb tristesses / Déesses féminine, classiquea sommes / hommes féminine, classiqueb ciel / l’autel masculine, classiquea radieux / Dieux masculine, classiquea humaine / Clymène féminine, classiqueb éblouis / inouïs masculine, classiquea sanglots / flots masculine, classiquea Euphrosyne / fascine féminine, classiquea dormants / charmants / sifflements masculine, classiqueb Thraces / voraces / traces féminine, classiquea voyons / rayons masculine, classiquea inconnues / nues féminine, classiqueb eux / désastreux masculine, classiquea célestes / funestes féminine, classiqueb abhorré / vénéré masculine, classiquea descendre / cendre féminine, classiquea frein / d’airain masculine, classiquea confuse / ruse / Méduse féminine, classiqueb suspends / rampants / serpents masculine, classiquea téméraire / funéraire féminine, classiqueb d’onyx / Styx masculine, classiquea va-t-on / Phaëton masculine, classiquea préférée / dorée féminine, classiqueb Sémélé / ailé masculine, classiquea âmes / flammes féminine, classiquea coursiers / ramiers masculine, classiquea courrière / lumière féminine, classiquea palpitants / autans / éclatants masculine, classiqueb ivresses / Déesses féminine, classiquea entrailles / représailles féminine, classiquea jaloux / courroux masculine, classiqueb larmes / charmes féminine, classiquea mortels / autels masculine, classiquea scintille / fille féminine, classiqueb tremblants / flancs masculine, classiquea front / affront masculine, classiquea tempe / lampe féminine, classiqueb d’or / encor masculine, classiquea nourrice / artifice féminine, classiqueb bras / gémiras masculine, classiquea bouche / couche féminine, classiqueb étale / rivale féminine, classiquea Thébaine / d’ébène féminine, classiquea serment / amant masculine, classiquea acclame / flamme féminine, classiqueb écrits / cris masculine, classiquea syrtes / myrtes féminine, classiquea étincelant / tremblant / troublant masculine, classiqueb ailes / rebelles / belles féminine, classiquea moqueur / cœur masculine, classiquea mère / amère féminine, classiqueb Phoebos-Apollon / d’aquilon masculine, classiquea étoiles / voiles féminine, classiqueb surpris / fleuris masculine, classiquea fraudes / d’émeraudes féminine, classiquea mains / chemins masculine, classiqueb route / toute féminine, classiquea sécher / bûcher masculine, classiquea astres / désastres féminine, classiquea étoilés / brûlés masculine, classiqueb flamboyante / ardente féminine, classiquea vermeil / Soleil masculine, classiquea lumière / première féminine, classiqueb Éridan / Océan masculine, classiquea meurtri / flétri masculine, classiqueb Hélïades / Hyades féminine, classiquea force / d’écorce féminine, classiquea coursiers / trépieds masculine, classiquea crinière / lumière féminine, classiquea ardents / dents / éclatants masculine, classiqueb vengeresses / Déesses féminine, classiquea d’étoiles / voiles féminine, classiqueb front / suivront masculine, classiquea sacrées / azurées féminine, classiquea camps / volcans masculine, classiquea lierre / paupière féminine, classiqueb pieux / cieux masculine, classiquea voilé / étoilé masculine, classiquea nocturne / urne féminine, classiquea penchants / chants masculine, classiquea fatale / natale féminine, classiquea encor / d’or masculine, classiquea profondes / ondes féminine, classiquea espoir / voir masculine, classiquea l’Asie / l’ambroisie féminine, classiquea jaloux / loups masculine, classiquea mousse / douce féminine, classiquea revins / divins masculine, classiquea lierre / régulière féminine, classiquea trésors / dors masculine, classiquea t’émerveille / s’éveille féminine, classiquea yeux / cieux masculine, classiquea serein / d’airain masculine, classiquea ombres / sombres féminine, classiquea épais / paix masculine, classiquea étonne / monotone féminine, classiquea d’argent / diligent masculine, classiquea chèvres / lèvres féminine, classiquea conduits / séduits masculine, classiquea ceinte / sainte féminine, classiquea côté / beauté masculine, classiquea s’extasie / l’Asie féminine, classiquea rois / lois masculine, classiquea retraites / prêtes féminine, classiquea fronts / affronts masculine, classiquea règle / l’aigle féminine, classiquea butins / festins masculine, classiquea vantée / ensanglantée féminine, classiquea veuves / fleuves féminine, classiquea bras / t’enivreras masculine, classiquea mêlées / écroulées féminine, classiquea épars / regards masculine, classiquea d’ivoire / noire féminine, classiquea boucliers / suppliés masculine, classiquea armes / d’alarmes féminine, classiquea bleus / onduleux masculine, classiquea fidèle / mien / belle féminine, classiquea mépris / prix masculine, classiquea basses / Grâces féminine, classiquea douleurs / leurs masculine, classiquea elles / maternelles féminine, classiquea divin / vain masculine, classiquea hasards / dards masculine, classiquea révère / mère féminine, classiquea clair / éclair masculine, classiquea naissante / frémissante féminine, classiquea l’avouer / louer masculine, classiquea cuirasse / vorace féminine, classiquea vantés / voluptés masculine, classiquea terre / Cythère féminine, classiquea discrets / secrets masculine, classiquea ailes / colombelles féminine, classiquea déçus / au-dessus masculine, classiquea immortels / autels masculine, classiquea propices / sacrifices féminine, classiquea ulcéré / sacré masculine, classiquea funérailles / batailles féminine, classiquea tombeaux / corbeaux masculine, classiquea pensées / pressées féminine, classiquea bois / voix masculine, classiquea naguères / guerres féminine, classiquea rivaux / chevaux masculine, classiquea plus / chevelus masculine, classiquea lame / femme féminine, classiquea cieux / silencieux masculine, classiquea sombres / d’ombres féminine, classiquea s’enfuit / nuit masculine, classiquea regards / chars masculine, classiquea ans / pesants masculine, classiquea tonnerres / centenaires féminine, classiquea navires / zéphyres féminine, classiquea dangers / légers masculine, classiquea ondes / profondes féminine, classiquea matelots / flots masculine, classiquea affligée / Pangée féminine, classiquea lys / Phyllis masculine, classiquea l’enceinte / plainte féminine, classiquea absent / pâlissant masculine, classiquea arènes / sereines féminine, classiquea cités / vantés masculine, classiquea amante / l’Érymanthe féminine, classiquea vœux / cheveux masculine, classiquea laurier-rose / cause féminine, classiquea nu / inconnu masculine, classiquea trêves / rêves féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

556 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de Théodore de Banville. Le sang de la Coupe, Trente-six Ballades joyeuses, Le Baiser., Paris, Alphonse Lemerre, éditeur, 1857· numérisation poesies.net· Sources