Les Pleureuses, 1895· Le silence des pauvres
Le premier poète
Immobile comme on le doit,Près du troupeau, près de la butte,L’enfant, tout le long de sa flûteCherchait sors âme avec ses doigts.
Il contemplait l’eau qui module,L’arbre sensible, le sommet ;Tout ce mystère qu’il nommait,Parmi le silence crédule.
Et le ciel bleu penché partout,Et la lumière sans limite.Il disait, inspiré : « J’imite« Le bonheur de regarder tout.
« Voici régner le soleil vague,« Voile terrible des grands champs ;« Je voudrais que mon sombre chant« Fût beau comme un regard qui vague. »
Le monde s’éveillait, bercé,Et c’était le printemps des choses,Puisqu’une bouche était écloseSur le grand désert du passé.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a doit / doigts masculine, non classiqueb butte / flûte féminine, classiquea module / crédule féminine, classiqueb sommet / nommait masculine, classiquea partout / tout masculine, classiqueb limite / J’imite féminine, classiquea vague féminine, classiqueb champs / chant masculine, non classiquea bercé / passé masculine, classiqueb choses / éclose féminine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.4· écart moyen à la rime classique 1.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Pleureuses, Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1920· numérisation poesies.net· Sources