Les Pleureuses, 1895· Le silence des pauvres
Prière a soi
Après la fête automnale,Rempli d’une horreur d’espoir,Je reviens, vision pâle,Dans mon soir !
On dirait que les champs meurent,Au soleil illimité.Je m’arrête ; mes yeux pleurentDe beauté.
La terre est une prière,L’ombre s’est mise à genoux,Et je sens que la lumièreVient à nous.
Je vais, je vais reconnaîtreLe seuil docile, éternel,Les murs gris, et la fenêtreDans le ciel.
Et près de la vitre écloseOn peut me voir un moment,M’incliner vers toute choseTristement.
Et voilé du long silence,Tremblant de faim et de froid,Je comprends, angoisse immense,Que c’est moi !
Le pauvre monde m’implore,L’ombre est l’ombre d’autrefois…Mes bras s’étendent, j’adore,Et je crois.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Heptasyllabes et trisyllabes (21 de 7, 7 de 3)· profil 7, 3
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a automnale / pâle féminine, classiqueb d’espoir / soir masculine, classiquea meurent / pleurent féminine, classiqueb illimité / beauté masculine, classiquea prière / lumière féminine, classiqueb genoux / nous masculine, classiquea reconnaître / fenêtre féminine, classiqueb éternel / ciel masculine, classiquea éclose / chose féminine, classiqueb moment / Tristement masculine, classiquea silence / immense féminine, classiqueb froid / moi masculine, non classiquea m’implore / j’adore féminine, classiqueb d’autrefois / crois masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Pleureuses, Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1920· numérisation poesies.net· Sources