L’éternelle chanson, 1884
II. Jamais !
Pourquoi donc répondre : « Jamais ! »O jeune et blonde charmeresse ?Quand je t’ai dit que je t’aimais,Pourquoi donc répondre : Jamais.C’est un mot, je te le promets,Qui n’ira pas à son adresse.Pourquoi donc répondre : « Jamais ! »O jeune et blonde charmeresse ?
Jamais. Le mot est si vilain,Ne le répète plus, ô Lise.En sais tu de moins civil, hein ?Jamais. Le mot est si vilain.Et, tu l’as écrit, sur vélin.Un tel aplomb me scandalise.Jamais. Le mot est si vilain,Ne le répète plus, ô Lise !
Un vieux proverbe nous l’apprend,Il ne faut pas dire : Turlure,Je ne boirai pas au torrent.Un vieux proverbe nous l’apprend,Tel, naguères intempérantBoit de l’eau dont il n’avait cure.Un vieux proverbe nous l’apprend,Il ne faut pas dire : Turlure.
La musique adoucit les mœurs ;Lise, écoute ma sérénade,Et tu n’auras plus de rigueurs.La musique adoucit les mœurs,Je vais chanter : « Ouvre… ou je meurs »— Trémolos à la cantonadeLa musique adoucit les mœurs ;Lise, écoute ma sérénade.
Versification
- Rimes
- 4(ABaAabAB)
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- A Jamais / t’aimais masculine, classiqueB charmeresse / adresse féminine, classiqueA Jamais / promets masculine, classiqueA vilain / hein masculine, classiqueB Lise / scandalise féminine, classiqueA vilain / vélin masculine, classiqueA l’apprend / torrent masculine, classiqueB Turlure / cure féminine, classiqueA l’apprend / intempérant masculine, classiqueA mœurs / rigueurs masculine, classiqueB sérénade / cantonade féminine, classiqueA mœurs / meurs masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Éternelle chanson, Léon Vanier,Paris, 1884· numérisation poesies.net· Sources