Œuvres complètes de Béranger, 1839
La maison de santé
À MADAME G...... POUR LA SAINT-JEAN, JOUR DE SA FÊTE
Air du Ménage du Garçon
Naguère en un royal hospiceJ’allai subir les soins de l’art ;Esculape me fut propice,Je bénis cet heureux hasard. (bis.)Mais l’amitié, toujours craintive,Me dit : « Point de sécurité !Un quiproquo bien vite arrive.Change de maison de santé. » (bis.)
À R.......R....... elle me transporte ;Je me sens mieux en avançant.La Bienfaisance est sur la porte,Le Malheur salue en passant.Là Jeannette est supérieure,Et le ciel fit de sa bontéLa lampe qui brûle à toute heureDans cette maison de santé.
Molière a terminé sa vieEntre deux sœurs de charité.Or, quand Jeanne fait œuvre pie,C’est un rendu pour un prêté.De Thalie elle fut tourièreAvec talent, grâce et beauté,Et la suivante de MolièreFonde une maison de santé.
L’amitié seule y donne place :Moi, j’en ai fait mon Hôtel-Dieu.Infirmiers, remplissez ma tasse ;C’est aujourd’hui le saint du lieu.Quand il s’agit de fêter Jeanne,Mon seul régime est la gaîté.Je veux m’enivrer de tisaneDans cette maison de santé.
32 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Béranger, Paris, H. FOURNIER AÎNÉ, ÉDITEUR, 1839· numérisation wikisource.org· Sources