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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Soixante années de lyrisme intermittent, 1945

A romain Coolus

Tristan de Bernard· 6 vers

Un des camarades qui m’ont le plus ardemment stimulé sur la Route du Parnasse, ce fut Romain Coolus, dont j’ai fait la connaissance il y a cinquante sept ans. C’est lui qui m’a présenté aux amis de la Revue Blanche. Tristan Bernard qui, jusque là, s’était appelé Paul Bernard, s’est orné d’un nouveau prénom le 15 septembre de cette année 91… Coolus et moi, nous avons souvent correspondu en vers. Je veux citer ici un sonnet que je lui ai envoyé sur la première page d’un roman écrit en collaboration. Cinq écrivains avaient publié dans un journal du matin, un roman feuilleton qui s’appelait X… et qui était composé à la façon de cette figure de quadrille qu’on appelle la Boulangère, où les cavaliers changent de danseuse. Courteline, Jules Renard, George Auriol, Pierre Veber et moi, nous donnions notre feuilleton chacun notre tour, sans nous concerter. On prenait la suite, on écrivait les six colonnes, et Von passait la main aux camarades. Chacun de nous s’étant mis à l’ouvrage cinq fois, le roman achevé (ou à peu près terminé) fut publié en volume. J’adressai un exemplaire à Coolus avec un sonnet qui se terminait par les vers suivants :

C’est ton verdict que je réclameRomain, si ta critique est exempte de blâme,Mon front calme attendra le laurier mérité.

Mais si ton jugement est cruel, je m’inclineEt j’offre en holocauste à ta sévéritéRenard, George Auriol, Veber et Courteline.

6 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Soixante années de lyrisme intermittent, PARIS, ÉDITIONS LITTÉRAIRES DE FRANCE, 1945· Sources