Soixante années de lyrisme intermittent, 1945
Pindare semé
Quiconque prétendait jadis matcher PindareSe faisait comparer, en termes moins banaux,Mais de façon désobligeante, au jeune Icare.
Or, Pindare n’a qu’à venir aux Moulineaux,Il choisira dans la volière militaireUn quelconque de nos oiseaux nationaux.
C’est un match sérieux que nul dol n’adultère ;Pour l’essor le plus haut, pour le vol le plus long,L’Aède et le Biplan s’enlèvent loin de terre.
M ais, narguant l’œil brûlant de Phœbus Apollon,Le Pilote vainqueur monte de telle sorteQu’il ne distingue plus le Pinde d’un vallon !
Holà ! dit le chanteur qu’en vain la Muse exhorte,Dédale, on m’a changé tes outils de roseauxFaits avec de la cire et de la colle forte !
D’autres temps sont venus !… Neptune roi des eauxQuelle belle stupeur, O Dieu sera la tienne,Le jour où tu verras quarante hommes-oiseaux
19 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Soixante années de lyrisme intermittent, PARIS, ÉDITIONS LITTÉRAIRES DE FRANCE, 1945· Sources