Soixante années de lyrisme intermittent, 1945
Tristan Bernard
POÈTE GRAVE
J’ai fouillé éperdûment dans de vieux manuscrits. Mais je n’ai pas retrouvé beaucoup d’instants de ma vie, où j’ai reçu la visite d’une muse austère. Voici cependant cinq vers, où la voix du Parnasse a pris un ton grave inusité.
J’aime le noble essor des chênes vigoureuxSe gonflant noblement dans un ciel fait pour eux.Mais j’aime bien aussi, sous le noir des nuées,Les gestes incessants, les gestes malheureuxde leurs branches exténuées…
5 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Soixante années de lyrisme intermittent, PARIS, ÉDITIONS LITTÉRAIRES DE FRANCE, 1945· Sources