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un seul est le mot juste.

Poésies, 1845‑1858· Poèmes et poésies

La mort d’un chat favori

Prosper Blanchemain· 16 quatrains, octosyllabes, 64 vers

A madame Victorine Riant.

C’était dans un riant parterre :Les roses, filles du Printemps,Embaumaient les cieux éclatantsDes plus doux parfums de la terre.

Trilby courait par le jardin,Se faisant jeu de toutes choses,Des herbes, du sable, des roses-,Il arriva près du bassin.

D’abord, côtoyant le rivage,Il en fit le tour, s’approcha,S’enfuit, revint, puis se pencha.O témérité du jeune âge !

Alors ! quel prodige inouï !Il voit, chaque fois qu’il s’avance,S’avancer de même, en silence,Un compagnon semblable à lui.

Ce sont bien des formes pareilles ;C’est bien son air doux et hardi,Son front avec grâce arrondi ;Ce sont ses mobiles oreilles.

C’est bien son pelage soyeux,Zébré de lignes chatoyantes,Ses longues moustaches brillantes,Les émeraudes de ses yeux.

Il regarde et frémit de joie ;Son dos se gonfle avec amour ;Sa queue, en ondoyant contour,S’étend, se roule et se reploie.

A son plus léger mouvement,La vision enchanteresseSemble lui rendre sa caresseEt se rapprocher doucement.

Il se penche, se penche encore ;Son mauvais destin l’a poussé :Dans l’eau trompeuse il a glissé,Et la vision s’évapore !…

Vainement trois fois sur les flotsIl releva sa tête humide,En invoquant la NéréideQui resta sourde à ses sanglots.

Au milieu de l’herbe embauméeVoyez - !e maintenant glacé ;Les ondes ne nous ont laisséQue sa dépouille inanimée.

Ses yeux ne se rouvriront plus ;Vainement sa mère plaintiveFera retentir sur la riveSes gémissements superflus.

Adieu pour jamais sa tendresseQui vous amusait tous les jours,Adieu ses pattes de veloursEt sa doucereuse allégresse

Jamais plus vous ne le verrez,Étalant sa grâce coquette,De sa tète aujourd’hui muetteCaresser vos pieds adorés.

Vos légers pelotons de soieSe reposeront désormais ;Ils ne lui seront plus jamaisUn sujet de jeux et de joie.

Que de biens en un jour perdus !Pour tant de beauté, tant de charmes,Madame, gardez quelques larmes ;Votre joyeux Trilby n’est plus !

Versification

Forme
16 quatrains (quatrains)
Rimes
16(abba)
Mètre
Octosyllabes
Strophes
16 quatrains
Mots à la rime
a parterre / terre féminine, classiqueb Printemps / éclatants masculine, classiquea jardin / bassin masculine, classiqueb choses / roses féminine, classiquea rivage / âge féminine, classiqueb s’approcha / pencha masculine, classiquea inouï / lui masculine, classiqueb s’avance / silence féminine, classiquea pareilles / oreilles féminine, classiqueb hardi / arrondi masculine, classiquea soyeux / yeux masculine, classiqueb chatoyantes / brillantes féminine, classiquea joie / reploie féminine, classiqueb amour / contour masculine, classiquea mouvement / doucement masculine, classiqueb enchanteresse / caresse féminine, classiquea encore / s’évapore féminine, classiqueb poussé / glissé masculine, classiquea flots / sanglots masculine, classiqueb humide / Néréide féminine, classiquea embaumée / inanimée féminine, classiqueb glacé / laissé masculine, classiquea plus / superflus masculine, classiqueb plaintive / rive féminine, classiquea tendresse / allégresse féminine, classiqueb jours / velours masculine, classiquea verrez / adorés masculine, classiqueb coquette / muette féminine, classiquea soie / joie féminine, classiqueb désormais / jamais masculine, classiquea perdus / plus masculine, classiqueb charmes / larmes féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

64 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Prosper Blanchemain, Paris, LIBRAIRIE ANCIENNE ET MODERNE - ÉDOUARD ROUVEYRE, 1880· numérisation archive.org· Sources