Poésies, 1845‑1858· Idéal
Lied
Peut-être m’aimes-tu ? Peut-êtreCaches-tu sous un regard froidLe feu d’amour qui te pénètre ?Et par instant mon cœur y croit.
N’en dis rien ; conserve en toi-mêmeLe secret dont on est jaloux.Voile ton cœur, si ton cœur aime :Oh ! le savoir serait trop doux !
A quoi bon d’ailleurs ? Dans la vieJe suis venu pour tout souffrir.D’une autre une peine est suivie !Mieux vaut ignorer et mourir.
Mais quand mon âme solitaireSera libre enfin, quand le corpsSera déposé sous la terre,Oh ! tu pourras m’aimer alors !
A genoux auprès de ma cendre,Si tu m’aimes tu le diras ;Aux morts on peut tout faire entendre.Je serai bien heureux… hélas !
Si vers un autre ton cœur vole,Si pour lui tes yeux ont pleuré,A quoi bon dire une paroleDont mon cœur serait déchiré ?
Quand je serai sous les bruyères,(Les morts savent tout) je sauraiQu’un autre avait seul tes prières ;Alors… je lui pardonnerai !
Mon ombre essuira tes yeux tristes.Et ton bonheur sera mon bien.Les morts ne sont pas égoïstes ;Ils aiment sans demander rien !
Versification
- Forme
- 8 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a Peut-être / pénètre féminine, classiqueb froid / croit masculine, classiquea toi-même / aime féminine, classiqueb jaloux / doux masculine, classiquea vie / suivie féminine, classiqueb souffrir / mourir masculine, classiquea solitaire / terre féminine, classiqueb corps / alors masculine, classiquea cendre / entendre féminine, classiqueb diras / hélas masculine, classiquea vole / parole féminine, classiqueb pleuré / déchiré masculine, classiquea bruyères / prières féminine, classiqueb saurai / pardonnerai masculine, classiquea tristes / égoïstes féminine, classiqueb bien / rien masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Prosper Blanchemain, Paris, LIBRAIRIE ANCIENNE ET MODERNE - ÉDOUARD ROUVEYRE, 1880· numérisation archive.org· Sources