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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Satires, 1666‑1716

Satire Ix

Nicolas Boileau-Despréaux· distiques, alexandrins, 322 vers

(1667)

C’est à vous, mon Esprit,‖ à qui je veux parler :Vous avez des défauts‖ que je ne puis celer ;Assez et trop longtemps‖ ma lâche complaisanceDe vos jeux criminels‖ a nourri l’insolence ;Mais, puisque vous poussez‖ ma patience à bout,Une fois en ma vie‖ il faut vous dire tout.On croirait, à vous voir‖ dans vos libres capricesDiscourir en Caton‖ des vertus et des vices,Décider du mérite‖ et du prix des auteurs,Et faire impunément‖ la leçon aux docteurs,Qu’étant seul à couvert‖ des traits de la satireVous avez tout pouvoir‖ de parler et d’écrire ;Mais, moi, qui dans le fond‖ sais bien ce que j’en croisQui compte tous les jours‖ vos défauts par mes doigts,Je ris, quand je vous vois,‖ si faible et si stérile,Prendre sur vous le soin‖ de réformer la ville,Dans vos discours chagrins‖ plus aigre et plus mordantQu’une femme en furie,‖ ou Gautier en plaidant.Mais, répondez un peu.‖ Quelle verve indiscrèteSans l’aveu des neuf Sœurs‖ vous a rendu poète ?Sentiez-vous, dites-moi,‖ ces violents transportsQui d’un esprit divin‖ font mouvoir les ressorts ?Qui vous a pu souffler‖ une si folle audace ?Phébus a-t-il pour vous‖ aplani le Parnasse ?Et ne savez-vous pas‖ que, sur ce mont sacré,Qui ne vole au sommet‖ tombe au plus bas degré ;Et qu’à moins d’être au rang‖ d’Horace et de Voiture,On rampe dans la fange‖ avec l’abbé de Pure ?Que si tous mes efforts‖ ne peuvent réprimerCet ascendant malin‖ qui vous force à rimer ;Sans perdre en vains discours‖ tout le fruit de vos veilles,Osez chanter du Roi‖ les augustes merveilles :Là, mettant à profit‖ vos caprices divers,Vous verriez tous les ans‖ fructifier vos vers,Et par l’espoir du gain‖ votre Muse animéeVendrait au poids de l’or‖ une once de fumée.Mais en vain, direz-vous,‖ je pense vous tenterPar l’éclat d’un fardeau‖ trop pesant à porter :Tout chantre ne peut pas,‖ sur le ton d’un Orphée,Entonner en grands vers‖ la Discorde étouffée ;Peindre Bellone en feu‖ tonnant de toutes parts,Et le Belge effrayé‖ fuyant sur ses remparts.Sur un ton si hardi,‖ sans être téméraire,Racan pourrait chanter‖ au défaut d’un Homère ;Mais, pour Cotin et moi,‖ qui rimons au hasard,Que l’amour de blâmer‖ fit poètes par art,Quoiqu’un tas de grimauds‖ vante notre éloquence,Le plus sûr est pour nous‖ de garder le silence.Un poème insipide‖ et sottement flatteurDéshonore à la fois‖ le héros et l’auteur ;Enfin, de tels projets‖ passent notre faiblesse.Ainsi parle un esprit‖ languissant de mollesse,Qui, sous l’humble dehors‖ d’un respect affecté,Cache le noir venin‖ de sa malignité.Mais, dussiez-vous en l’air‖ voir vos ailes fondues,Ne valait-il pas mieux‖ vous perdre dans les nues,Que d’aller sans raison,‖ d’un style peu chrétien,Faire insulte en rimant‖ à qui ne vous dit rien,Et, du bruit dangereux‖ d’un livre téméraire,A vos propres périls,‖ enrichir le libraire ?Vous vous flattez, peut-être,‖ en votre vanité,D’aller, comme un Horace,‖ à l’immortalité ;Et déjà, vous croyez,‖ dans vos rimes obscures,Aux Saumaises futurs‖ préparer des tortures.Mais, combien d’écrivains,‖ d’abord si bien reçus,Sont de ce fol espoir‖ honteusement déçus !Combien, pour quelques mois,‖ ont vu fleurir leur livre,Dont les vers en paquet‖ se vendent à la livre !Vous pourrez voir, un temps,‖ vos écrits estimésCourir de main en main‖ par la ville semés ;Puis, de là, tout poudreux,‖ ignorés sur la terre,Suivre chez l’épicier‖ Neuf-Germain et la Serre ;Ou, de trente feuillets,‖ réduits peut-être à neuf,Parer, demi-rongés,‖ les rebords du Pont-Neuf.Le bel honneur pour vous,‖ en voyant vos ouvragesOccuper le loisir‖ des laquais et des pages,Et souvent, dans un coin‖ renvoyés à l’écart,Servir de second tome‖ aux airs du Savoyard !Mais, je veux, que le sort,‖ par un heureux caprice,Fasse de vos écrits‖ prospérer la malice,Et qu’enfin, votre livre‖ aille, au gré de vos vœux,Faire siffler Cotin‖ chez nos derniers neveux :Que vous sert-il qu’un jour‖ l’avenir vous estime,Si vos vers aujourd’hui‖ vous tiennent lieu de crime,Et ne produisent rien,‖ pour fruit de leurs bons mots,Que l’effroi du public‖ et la haine des sots ?Quel démon vous irrite,‖ et vous porte à médire ?Un livre vous déplaît :‖ qui vous force à le lire ?Laissez mourir un fat‖ dans son obscurité.Un auteur ne peut-il‖ pourrir en sûreté ?Le Jonas inconnu‖ sèche dans la poussière ;Le David imprimé‖ n’a point vu la lumière ;Le Moïse commence‖ à moisir par les bords ;Quel mal cela fait-il ?‖ Ceux qui sont morts sont morts :Le tombeau contre vous‖ ne peut-il les défendre ?Et, qu’ont fait tant d’auteurs,‖ pour remuer leur cendre ?Que vous ont fait Perrin,‖ Bardin, Pradon, Haynaut,Colletet, Pelletier,‖ Titreville, Quinault,Dont les noms, en cent lieux,‖ placés comme en leurs niches,Vont de vos vers malins‖ remplir les hémistiches ?Ce qu’ils font vous ennuie.‖ O le plaisant détour !Ils ont bien ennuyé‖ le Roi, toute la cour,Sans que le moindre édit‖ ait, pour punir leur crime,Retranché les auteurs‖ ou supprimé la rime.Écrive qui voudra !‖ Chacun, à ce métier,Peut perdre impunément‖ de l’encre et du papier.Un roman, sans blesser‖ les lois ni la coutume,Peut conduire un héros‖ au dixième volume.De là vient que Paris‖ voit chez lui de tout tempsLes auteurs à grands flots‖ déborder tous les ans,Et n’a point de portail‖ où, jusques aux corniches,Tous les piliers ne soient‖ enveloppés d’affiches.Vous seul, plus dégoûté,‖ sans pouvoir et sans nom,Viendrez régler les droits‖ et l’État d’Apollon !Mais, vous, qui raffinez‖ sur les écrits des autres,De quel œil pensez-vous‖ qu’on regarde les vôtres ?Il n’est rien en ce temps‖ à couvert de vos coups,Mais savez-vous aussi‖ comme on parle de vous ?« Gardez-vous, dira l’un,‖ de cet esprit critique :On ne sait bien souvent‖ quelle mouche le pique.Mais c’est un jeune fou‖ qui se croit tout permis,Et qui, pour un bon mot,‖ va perdre vingt amis.Il ne pardonne pas‖ aux vers de la Pucelle,Et croit régler le monde‖ au gré de sa cervelle.Jamais dans le barreau‖ trouva-t-il rien de bon ?Peut-on si bien prêcher‖ qu’il ne dorme au sermon ?Mais, lui, qui fait ici‖ le régent du Parnasse,N’est qu’un gueux revêtu‖ des dépouilles d’Horace.Avant lui, Juvénal‖ avait dit en latinQu’on est assis à l’aise‖ aux sermons de Cotin ;L’un et l’autre avant lui‖ s’étaient plaints de la rime ;Et c’est aussi sur eux‖ qu’il rejette son crime.Il cherche à se couvrir‖ de ces noms glorieux.J’ai peu lu ces auteurs,‖ mais tout n’irait que mieux,Quand de ces médisants‖ l’engeance tout entièreIrait la tête en bas‖ rimer dans la rivière. »Voilà comme on vous traite ;‖ et le monde effrayéVous regarde déjà‖ comme un homme noyé.En vain, quelque rieur,‖ prenant votre défense,Veut faire au moins, de grâce,‖ adoucir la sentence ;Rien n’apaise un lecteur‖ toujours tremblant d’effroi,Qui voit peindre en autrui‖ ce qu’il remarque en soi.Vous ferez-vous toujours‖ des affaires nouvelles ?Et faudra-t-il sans cesse‖ essuyer des querelles ?N’entendrai-je qu’auteurs‖ se plaindre et murmurer ?Jusqu’à quand vos fureurs‖ doivent-elles durer ?Répondez, mon Esprit ;‖ ce n’est plus raillerie ;Dites Mais, direz-vous,‖ pourquoi cette furie ?Quoi ! pour un maigre auteur‖ que je glose en passant,Est-ce un crime, après tout,‖ et si noir et si grand ?Et qui, voyant un fat‖ s’applaudir d’un ouvrageOù la droite raison‖ trébuche à chaque page,Ne s’écrie aussitôt :‖ « L’impertinent auteur !L’ennuyeux écrivain !‖ Le maudit traducteur !A quoi bon mettre au jour‖ tous ces discours frivoles,Et ces riens enfermés‖ dans de grandes paroles ? »Est-ce donc là médire,‖ ou parler franchement ?Non, non, la médisance‖ y va plus doucement.Si l’on vient à chercher,‖ pour quel secret mystèreAlidor à ses frais‖ bâtit un monastère :« Alidor ! dit un fourbe,‖ il est de mes amis ;Je l’ai connu laquais‖ avant qu’il fût commis.C’est un homme d’honneur,‖ de piété profonde,Et qui veut rendre à Dieu‖ ce qu’il a pris au monde. »Voilà jouer d’adresse,‖ et médire avec art,Et c’est avec respect‖ enfoncer le poignard.Un esprit né sans fard,‖ sans basse complaisance,Fuit ce ton radouci‖ que prend la médisance.Mais, de blâmer des vers‖ ou durs, ou languissants,De choquer un auteur‖ qui choque le bon sens,De railler d’un plaisant‖ qui ne sait pas nous plaire,C’est ce que tout lecteur‖ eut toujours droit de faire.Tous les jours, à la cour,‖ un sot de qualitéPeut juger de travers‖ avec impunité,A Malherbe, à Racan,‖ préférer Théophile,Et le clinquant du Tasse‖ à tout l’or de Virgile.Un clerc, pour quinze sous,‖ sans craindre le holà,Peut aller au parterre‖ attaquer Attila,Et, si le roi des Huns‖ ne lui charme l’oreille,Traiter de visigoths‖ tous les vers de Corneille.Il n’est valet d’auteur,‖ ni copiste à Paris,Qui, la balance en main,‖ ne pèse les écrits.Dès que l’impression‖ fait éclore un poète,Il est esclave né‖ de quiconque l’achète ;Il se soumet lui-même‖ aux caprices d’autrui,Et ses écrits tout seuls‖ doivent parler pour lui ;Un auteur, à genoux,‖ dans une humble préface,Au lecteur qu’il ennuie‖ a beau demander grâce ;Il ne gagnera rien‖ sur ce juge irrité,Qui lui fait son procès‖ de pleine autorité.Et je serai le seul‖ qui ne pourrai rien dire !On sera ridicule,‖ et je n’oserai rire !Et qu’ont produit mes vers‖ de si pernicieux,Pour armer contre moi‖ tant d’auteurs furieux ?Loin de les décrier,‖ je les ai fait paraître ;Et souvent, sans ces vers‖ qui les ont fait connaître,Leur talent dans l’oubli‖ demeurerait caché.Et qui saurait sans moi‖ que Cotin a prêché ?La satire ne sert‖ qu’à rendre un fat illustre ;C’est une ombre au tableau,‖ qui lui donne du lustre ;En les blâmant enfin‖ j’ai dit ce que j’en croi,Et tel qui m’en reprend‖ en pense autant que moi.« Il a tort, dira l’un ;‖ pourquoi faut-il qu’il nomme ?Attaquer Chapelain !‖ ah ! c’est un si bon homme !Balzac en fait l’éloge‖ en cent endroits divers.Il est vrai, s’il m’eût cru,‖ qu’il n’eût point fait de vers.Il se tue à rimer :‖ que n’écrit-il en prose ? »Voilà ce que l’on dit.‖ Et que dis-je autre chose ?En blâmant ses écrits,‖ ai-je, d’un style affreux,Distillé sur sa vie‖ un venin dangereux ?Ma Muse en l’attaquant,‖ charitable et discrète,Sait de l’homme d’honneur‖ distinguer le poète.Qu’on vante en lui la foi,‖ l’honneur, la probité ;Qu’on prise sa candeur‖ et sa civilité ;Qu’il soit doux, complaisant,‖ officieux, sincère ;On le veut, j’y souscris,‖ et suis prêt de me taire.Mais, que pour un modèle‖ on montre ses écrits ;Qu’il soit le mieux renté‖ de tous les beaux esprits ;Comme roi des auteurs,‖ qu’on l’élève à l’empire ;Ma bile alors s’échauffe,‖ et je brûle d’écrire,Et, s’il ne m’est permis‖ de le dire au papier,J’irai creuser la terre,‖ et, comme ce barbier,Faire dire aux roseaux‖ par un nouvel organe :« Midas, le roi Midas‖ a des oreilles d’âne. »Quel tort lui fais-je enfin ?‖ Ai-je par un écritPétrifié sa veine‖ et glacé son esprit ?Quand un livre au Palais‖ se vend et se débite,Que chacun par ses yeux‖ juge de son mérite,Que Bilaine l’étale‖ au deuxième pilier,Le dégoût d’un censeur‖ peut-il le décrier ?En vain, contre le Cid‖ un ministre se ligue ;Tout Paris pour Chimène‖ a les yeux de Rodrigue :L’Académie en corps‖ a beau le censurer,Le public révolté‖ s’obstine à l’admirer.Mais, lorsque Chapelain‖ met une œuvre en lumière,Chaque lecteur d’abord‖ lui devient un Linière ;En vain, il a reçu‖ l’encens de mille auteurs,Son livre en paraissant‖ dément tous ses flatteurs.Ainsi, sans m’accuser,‖ quand tout Paris le joue,Qu’il s’en prenne à ses vers‖ que Phébus désavoue ;Qu’il s’en prenne à sa Muse‖ allemande en françois ;…Mais laissons Chapelain‖ pour la dernière fois.La Satire, dit-on,‖ est un métier funeste,Qui plaît à quelques gens,‖ et choque tout le reste ;La suite en est à craindre ;‖ en ce hardi métierLa peur plus d’une fois‖ fit repentir Regnier.Quittez ces vains plaisirs‖ dont l’appât vous abuse,A de plus doux emplois‖ occupez votre Muse ;Et laissez à Feuillet‖ réformer l’univers.— Et sur quoi donc faut-il‖ que s’exercent mes vers ?Irai-je dans une ode,‖ en phrases de Malherbe,« Troubler dans ses roseaux‖ le Danube superbe ;Délivrer de Sion‖ le peuple gémissant ;Faire trembler Memphis,‖ ou pâlir le Croissant ;Et, passant du Jourdain‖ les ondes alarmées,Cueillir « mal à propos »‖ les palmes Idumées ? »Viendrai-je en une églogue,‖ entouré de troupeaux,Au milieu de Paris‖ enfler mes chalumeaux,Et, dans mon cabinet‖ assis au pied des hêtres,Faire dire aux échos‖ des sottises champêtres ?Faudra-t-il de sang-froid,‖ et sans être amoureux,Pour quelque Iris en l’air‖ faire le langoureux,Lui prodiguer les noms‖ de Soleil et d’Aurore,Et, toujours bien mangeant,‖ mourir par métaphore ?Je laisse aux doucereux‖ ce langage affété,Où s’endort un esprit‖ de mollesse hébété.La Satire, en leçons,‖ en nouveautés fertile,Sait seule assaisonner‖ le plaisant et l’utile,Et, d’un vers qu’elle épure‖ aux rayons du bon sens,Détromper les esprits‖ des erreurs de leur temps.Elle seule, bravant‖ l’orgueil et l’injustice,Va jusque sous le dais‖ faire pâlir le vice ;Et souvent sans rien craindre,‖ à l’aide d’un bon mot,Va venger la raison‖ des attentats d’un sot.C’est ainsi que Lucile,‖ appuyé de Lélie,Fit justice en son temps‖ des Cotins d’Italie ;Et qu’Horace, jetant‖ le sel à pleines mains,Se jouait aux dépens‖ des Pelletiers romains.C’est elle, qui m’ouvrant‖ le chemin qu’il faut suivre,M’inspira dès quinze ans‖ la haine d’un sot livre ;Et sur ce Mont fameux,‖ où j’osai la chercher,Fortifia mes pas‖ et m’apprit à marcher.C’est pour elle, en un mot,‖ que j’ai fait vœu d’écrire.Toutefois, s’il le faut,‖ je veux bien m’en dédire,Et, pour calmer enfin‖ tous ces flots d’ennemis,Réparer en mes vers‖ les maux qu’ils ont commis.Puisque vous le voulez,‖ je vais changer de style.Je le déclare donc :‖ Quinault est un Virgile ;Pradon comme un soleil‖ en nos ans a paru ;Pelletier écrit mieux‖ qu’Ablancourt , ni Patru ;Cotin, à ses sermons‖ traînant toute la terre,Fend les flots d’auditeurs‖ pour aller à sa chaire ;Saufal est le phénix‖ des esprits relevés ;Perrin… — Bon, mon esprit !‖ courage ! poursuivez !Mais, ne voyez-vous pas‖ que leur troupe en furieVa prendre encor ces vers‖ pour une raillerie ?Et Dieu sait, aussitôt,‖ que d’auteurs en courroux,Que de rimeurs blessés,‖ s’en vont fondre sur vous !Vous les verrez bientôt,‖ féconds en impostures,Amasser contre vous‖ des volumes d’injures,Traiter en vos écrits‖ chaque vers d’attentat,Et d’un mot innocent‖ faire un crime d’État.Vous aurez beau vanter‖ le Roi dans vos ouvrages,Et de ce nom sacré‖ sanctifier vos pages,Qui méprise Cotin‖ n’estime point son Roi,Et n’a, selon Cotin,‖ ni Dieu, ni foi, ni loi.— Mais quoi ! répondrez-vous,‖ Cotin nous peut-il nuire ?Et par ses cris enfin‖ que saurait-il produire ?Interdire à mes vers,‖ dont peut-être il fait cas,L’entrée aux pensions,‖ où je ne prétends pas ?Non ; pour louer un Roi‖ que tout l’univers loue,Ma langue n’attend point‖ que l’argent la dénoue ;Et, sans espérer rien‖ de mes faibles écrits,L’honneur de le louer‖ m’est un trop digne prix.On me verra toujours,‖ sage dans mes caprices,De ce même pinceau‖ dont j’ai noirci les vicesEt peint, du nom d’auteur‖ tant de sots revêtus,Lui marquer mon respect,‖ et tracer ses vertus.— Je vous crois ; mais pourtant‖ on crie, on vous menace.— Je crains peu, direz-vous,‖ les braves du Parnasse.— Hé ! mon Dieu, craignez tout‖ d’un auteur en courroux,Qui peut… — Quoi ? — Je m’entends.‖ — Mais encor ? — Taisez-vous. »

Versification

Forme
Distiques
Rimes
161((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Strophes
1 distique
Mots à la rime
a parler / celer masculine, classiqueb complaisance / l’insolence féminine, classiquea bout / tout masculine, classiqueb caprices / vices féminine, classiquea auteurs / docteurs masculine, classiqueb satire / d’écrire féminine, classiquea crois / doigts masculine, classiqueb stérile / ville féminine, classiquea mordant / plaidant masculine, classiqueb indiscrète / poète féminine, classiquea transports / ressorts masculine, classiqueb audace / Parnasse féminine, classiquea sacré / degré masculine, classiqueb Voiture / Pure féminine, classiquea réprimer / rimer masculine, classiqueb veilles / merveilles féminine, classiquea divers / vers masculine, classiqueb animée / fumée féminine, classiquea tenter / porter masculine, classiqueb Orphée / étouffée féminine, classiquea parts / remparts masculine, classiqueb téméraire / Homère féminine, classiquea hasard / art masculine, classiqueb éloquence / silence féminine, classiquea flatteur / l’auteur masculine, classiqueb faiblesse / mollesse féminine, classiquea affecté / malignité masculine, classiqueb fondues / nues féminine, classiquea chrétien / rien masculine, classiqueb téméraire / libraire féminine, classiquea vanité / l’immortalité masculine, classiqueb obscures / tortures féminine, classiquea reçus / déçus masculine, classiqueb livre féminine, classiquea estimés / semés masculine, classiqueb terre / Serre féminine, classiquea neuf / Pont-Neuf masculine, classiqueb ouvrages / pages féminine, classiquea l’écart / Savoyard masculine, classiqueb caprice / malice féminine, classiquea vœux / neveux masculine, classiqueb estime / crime féminine, classiquea mots / sots masculine, classiqueb médire / lire féminine, classiquea obscurité / sûreté masculine, classiqueb poussière / lumière féminine, classiquea bords / morts masculine, classiqueb défendre / cendre féminine, classiquea Haynaut / Quinault masculine, classiqueb niches / hémistiches féminine, classiquea détour / cour masculine, classiqueb crime / rime féminine, classiquea métier / papier masculine, classiqueb coutume / volume féminine, classiquea temps / ans masculine, classiqueb corniches / d’affiches féminine, classiquea nom / d’Apollon masculine, classiqueb autres / vôtres féminine, classiquea coups / vous masculine, classiqueb critique / pique féminine, classiquea permis / amis masculine, classiqueb Pucelle / cervelle féminine, classiquea bon / sermon masculine, classiqueb Parnasse / d’Horace féminine, classiquea latin / Cotin masculine, classiqueb rime / crime féminine, classiquea glorieux / mieux masculine, classiqueb entière / rivière féminine, classiquea effrayé / noyé masculine, classiqueb défense / sentence féminine, classiquea d’effroi / soi masculine, classiqueb nouvelles / querelles féminine, classiquea murmurer / durer masculine, classiqueb raillerie / furie féminine, classiquea passant / grand masculine, classiqueb ouvrage / page féminine, classiquea auteur / traducteur masculine, classiqueb frivoles / paroles féminine, classiquea franchement / doucement masculine, classiqueb mystère / monastère féminine, classiquea amis / commis masculine, classiqueb profonde / monde féminine, classiquea art / poignard masculine, classiqueb complaisance / médisance féminine, classiquea languissants / sens masculine, classiqueb plaire / faire féminine, classiquea qualité / impunité masculine, classiqueb Théophile / Virgile féminine, classiquea holà / Attila masculine, classiqueb l’oreille / Corneille féminine, classiquea Paris / écrits masculine, classiqueb poète / l’achète féminine, classiquea d’autrui / lui masculine, classiqueb préface / grâce féminine, classiquea irrité / autorité masculine, classiqueb dire / rire féminine, classiquea pernicieux / furieux masculine, classiqueb paraître / connaître féminine, classiquea caché / prêché masculine, classiqueb illustre / lustre féminine, classiquea croi / moi masculine, classiqueb nomme / homme féminine, classiqueb prose / chose féminine, classiquea affreux / dangereux masculine, classiqueb discrète / poète féminine, classiquea probité / civilité masculine, classiqueb sincère / taire féminine, classiquea écrits / esprits masculine, classiqueb l’empire / d’écrire féminine, classiquea papier / barbier masculine, classiqueb organe / d’âne féminine, classiquea écrit / esprit masculine, classiqueb débite / mérite féminine, classiquea pilier / décrier masculine, classiqueb ligue / Rodrigue féminine, classiquea censurer / l’admirer masculine, classiqueb lumière / Linière féminine, classiquea auteurs / flatteurs masculine, classiqueb joue / désavoue féminine, classiquea françois / fois masculine, classiqueb funeste / reste féminine, classiquea métier / Regnier masculine, classiqueb abuse / Muse féminine, classiquea l’univers / vers masculine, classiqueb Malherbe / superbe féminine, classiquea gémissant / Croissant masculine, classiqueb alarmées / Idumées féminine, classiquea troupeaux / chalumeaux masculine, classiqueb hêtres / champêtres féminine, classiquea amoureux / langoureux masculine, classiqueb d’Aurore / métaphore féminine, classiquea affété / hébété masculine, classiqueb fertile / l’utile féminine, classiquea sens / temps masculine, classiqueb l’injustice / vice féminine, classiquea mot / sot masculine, classiqueb Lélie / d’Italie féminine, classiquea mains / romains masculine, classiqueb suivre / livre féminine, classiquea chercher / marcher masculine, classiqueb d’écrire / dédire féminine, classiquea d’ennemis / commis masculine, classiqueb style / Virgile féminine, classiquea paru / Patru masculine, classiqueb terre / chaire féminine, classiquea relevés / poursuivez masculine, classiqueb furie / raillerie féminine, classiquea courroux / vous masculine, classiqueb impostures / d’injures féminine, classiquea d’attentat / d’État masculine, classiquea Roi / loi masculine, classiqueb nuire / produire féminine, classiquea cas / pas masculine, classiqueb loue / dénoue féminine, classiquea écrits / prix masculine, classiquea revêtus / vertus masculine, classiqueb menace / Parnasse féminine, classiquea courroux / Taisez-vous masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0

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322 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques, Paris, Hachette, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources