Satires, 1666‑1716
Satire X
(1692)
Enfin, bornant le cours‖ de tes galanteries,Alcippe, il est donc vrai,‖ dans peu tu te maries ;Sur l’argent, c’est tout dire,‖ on est déjà d’accord,Ton beau-père futur‖ vide son coffre-fort ;Et déjà le notaire‖ a, d’un style énergique,Griffonné de ton joug‖ l’instrument authentique.C’est bien fait : il est temps‖ de fixer tes désirs.Ainsi que ses chagrins‖ l’hymen a ses plaisirs.Quelle joie, en effet,‖ quelle douceur extrême !De se voir caressé‖ d’une épouse qu’on aime ;De s’entendre appeler « ‖petit cœur » ou « mon bon » ;De voir autour de soi‖ croître dans sa maison,Sous les paisibles lois‖ d’une agréable mère,De petits citoyens‖ dont on croit être père !Quel charme, au moindre mal‖ qui nous vient menacer,De la voir aussitôt‖ accourir, s’empresser,S’effrayer d’un péril‖ qui n’a point d’apparence,Et souvent, de douleur‖ se pâmer par avance !Car, tu ne seras point‖ de ces jaloux affreux,Habiles à se rendre‖ inquiets, malheureux,Qui, tandis qu’une épouse‖ à leurs yeux se désole,Pensent toujours qu’un autre‖ en secret la console…Mais quoi ! je vois déjà‖ que ce discours t’aigrit.« Charmé de Juvénal,‖ et plein de son esprit,Venez-vous, diras-tu,‖ dans une pièce outrée,Comme lui nous chanter‖ que, « dès le temps de Rhée,« La chasteté déjà,‖ la rougeur sur le front,« Avait chez les humains‖ reçu plus d’un affront ;« Qu’on vit avec le fer‖ naître les injustices,« L’impiété, l’orgueil‖ et tous les autres vices ;« Mais que la bonne foi‖ dans l’amour conjugal« N’alla point jusqu’au temps‖ du troisième métal ? »Ces mots ont dans sa bouche‖ une emphase admirable ;Mais je vous dirai, moi,‖ sans alléguer la fable,Que, si sous Adam même,‖ et loin avant Noé,Le vice audacieux,‖ des hommes avoué,A la triste innocence‖ en tous lieux fit la guerre,Il demeura pourtant‖ de l’honneur sur la terre ;Qu’aux temps les plus féconds‖ en Phrynés, en Laïs,Plus d’une Pénélope‖ honora son pays ;Et que, même aujourd’hui,‖ sur ce fameux modèle,On peut trouver encor‖ quelque femme fidèle. »Sans doute, et dans Paris,‖ si je sais bien compter,Il en est jusqu’à trois‖ que je pourrais citer.Ton épouse dans peu‖ sera la quatrième :Je le veux croire ainsi.‖ Mais, la chasteté même,Sous ce beau nom d’épouse,‖ entrât-elle chez toi,De retour d’un voyage,‖ en arrivant, crois-moi,Fais toujours du logis‖ avertir la maîtresse :Tel partit tout baigné‖ des pleurs de sa Lucrèce,Qui, faute d’avoir pris‖ ce soin judicieux,Trouva… tu sais. — « Je sais‖ que d’un conte odieuxVous avez comme moi‖ sali votre mémoire.Mais, laissons là, dis-tu,‖ Joconde et son histoire ;Du projet d’un hymen‖ déjà fort avancé,Devant vous aujourd’hui‖ criminel dénoncé,Et mis sur la sellette‖ aux pieds de la critique,Je vois bien tout de bon‖ qu’il faut que je m’explique.Jeune autrefois par vous‖ dans le monde conduit,J’ai trop bien profité,‖ pour n’être pas instruitA quels discours malins‖ le mariage expose ;Je sais que c’est un texte‖ où chacun fait sa glose ;Que de maris trompés‖ tout rit dans l’univers,Épigrammes, chansons,‖ rondeaux, fables en vers,Satire, comédie ;‖ et, sur cette matière,J’ai vu tout ce qu’ont fait‖ La Fontaine et Molière ;J’ai lu tout ce qu’ont dit‖ Villon et Saint-Gelais,Arioste, Marot,‖ Boccace, Rabelais ;Et tous ces vieux recueils‖ de satires naïves,Des malices du sexe‖ immortelles archives.Mais, tout bien balancé,‖ j’ai pourtant reconnuQue de ces contes vains‖ le monde entretenuN’en a pas de l’hymen‖ moins vu fleurir l’usage ;Que sous ce joug moqué‖ tout à la fin s’engage ;Qu’à ce commun filet‖ les railleurs mêmes prisOnt été très souvent‖ de commodes maris ;Et que pour être heureux‖ sous ce joug salutaire,Tout dépend, en un mot,‖ du bon choix qu’on sait faire.Enfin, il faut ici‖ parler de bonne foi,Je vieillis, et ne puis‖ regarder sans effroiCes neveux affamés‖ dont l’importun visageDe mon bien à mes yeux‖ fait déjà le partage.Je crois déjà les voir,‖ au moment annoncéQu’à la fin sans retour‖ leur cher oncle est passé,Sur quelques pleurs forcés‖ qu’ils auront soin qu’on voie,Se faire consoler‖ du sujet de leur joie.Je me fais un plaisir,‖ à ne vous rien celer,De pouvoir, moi vivant,‖ dans peu les désoler ;Et, trompant un espoir‖ pour eux si plein de charmes,Arracher de leurs yeux‖ de véritables larmes.Vous dirai-je encor plus ?‖ Soit faiblesse ou raison,Je suis las de me voir,‖ le soir, en ma maison,Seul avec des valets,‖ souvent voleurs et traîtres,Et toujours, à coup sûr,‖ ennemis de leurs maîtres.Je ne me couche point‖ qu’aussitôt dans mon litUn souvenir fâcheux‖ n’apporte à mon espritCes histoires de morts‖ lamentables, tragiques,Dont Paris tous les ans‖ peut grossir ses chroniques.Dépouillons-nous ici‖ d’une vaine fierté :Nous naissons, nous vivons‖ pour la société ;A nous-mêmes livrés‖ dans une solitude,Notre bonheur bientôt‖ fait notre inquiétude ;Et, si durant un jour,‖ notre premier aïeul,Plus riche d’une côte,‖ avait vécu tout seul,Je doute, en sa demeure‖ alors si fortunée,S’il n’eût point prié Dieu‖ d’abréger la journée.N’allons donc point ici‖ réformer l’univers,Ni, par de vains discours‖ et de frivoles vers,Étalant au public‖ notre misanthropie,Censurer le lien‖ le plus doux de la vie.Laissons là, croyez-moi,‖ le monde tel qu’il est.L’hyménée est un joug,‖ et c’est ce qui m’en plaît :L’homme en ses passions‖ toujours errant sans guideA besoin qu’on lui mette‖ et le mors et la bride ;Son pouvoir malheureux‖ ne sert qu’à le gêner ;Et, pour le rendre libre,‖ il le faut enchaîner :C’est ainsi que souvent‖ la main de Dieu l’assiste. »Ah ! bon ! voilà parler‖ en docte janséniste,Alcippe ; et, sur ce point‖ si savamment touché,Desmares dans Saint-Roch‖ n’aurait pas mieux prêché.Mais c’est trop t’insulter ;‖ quittons la raillerie ;Parlons sans hyperbole‖ et sans plaisanterie ;Tu viens de mettre ici‖ l’hymen en son beau jour ;Entends donc ; et permets‖ que je prêche à mon tour.L’épouse que tu prends,‖ sans tache en sa conduite,Aux vertus, m’a-t-on dit,‖ dans Port-Royal instruite,Aux lois de son devoir‖ règle tous ses désirs.Mais, qui peut t’assurer,‖ qu’invincible aux plaisirs,Chez toi, dans une vie‖ ouverte à la licence,Elle conservera‖ sa première innocence ?Par toi-même bientôt‖ conduite à l’Opéra,De quel air penses-tu‖ que ta sainte verraD’un spectacle enchanteur‖ la pompe harmonieuse,Ces danses, ces héros‖ à voix luxurieuse ;Entendra ces discours‖ sur l’amour seul roulants,Ces doucereux Renauds,‖ ces insensés Rolands ;Saura d’eux qu’à l’amour,‖ comme au seul Dieu suprême,On doit immoler tout,‖ jusqu’à la vertu même ;Qu’on ne saurait trop tôt‖ se laisser enflammer ;Qu’on n’a reçu du ciel‖ un cœur que pour aimer ;Et tous ces lieux communs‖ de morale lubriqueQue Lulli réchauffa‖ des sons de sa musique ?Mais, de quels mouvements,‖ dans son cœur excités,Sentira-t-elle alors‖ tous ses sens agités !Je ne te réponds pas‖ qu’au retour, moins timide,Digne écolière enfin‖ d’Angélique et d’Armide,Elle n’aille à l’instant,‖ pleine de ces doux sons,Avec quelque Médor‖ pratiquer ces leçons.Supposons toutefois‖ qu’encor fidèle et pureSa vertu, de ce choc,‖ revienne sans blessure :Bientôt, dans ce grand monde‖ où tu vas l’entraîner,Au milieu des écueils‖ qui vont l’environner,Crois-tu que, toujours ferme‖ aux bords du précipice,Elle pourra marcher‖ sans que le pied lui glisse ;Que, toujours insensible‖ aux discours enchanteursD’un idolâtre amas‖ de jeunes séducteurs,Sa sagesse jamais‖ ne deviendra folie ?D’abord tu la verras,‖ ainsi que dans Clélie,Recevant ses amants‖ sous le doux nom d’amis,S’en tenir avec eux‖ aux petits soins permis ;Puis bientôt, en grande eau,‖ sur le fleuve de Tendre,Naviguer à souhait,‖ tout dire et tout entendre.Et, ne présume pas‖ que Vénus, ou Satan,Souffre qu’elle en demeure‖ aux termes du roman :Dans le crime il suffit‖ qu’une fois on débute ;Une chute toujours‖ attire une autre chute ;L’honneur est comme une île‖ escarpée et sans bords :On n’y peut plus rentrer‖ dès qu’on en est dehors.Peut-être, avant deux ans,‖ ardente à te déplaire,Éprise d’un cadet,‖ ivre d’un mousquetaire,Nous la verrons hanter‖ les plus honteux brelans,Donner chez la Cornu‖ rendez-vous aux galants ;De Phèdre dédaignant‖ la pudeur enfantine,Suivre à front découvert Z.... et Messaline ;Compter pour grands exploits‖ vingt hommes ruinés,Blessés, battus pour elle,‖ et quatre assassinés.Trop heureux ! si, toujours‖ femme désordonnée,Sans mesure et sans règle‖ au vice abandonnée,Par cent traits d’impudence‖ aisés à ramasserElle t’acquiert au moins‖ un droit pour la chasser !Mais, que deviendras-tu,‖ si, folle en son caprice,N’aimant que le scandale‖ et l’éclat dans le vice,Bien moins pour son plaisir‖ que pour t’inquiéter,Au fond peu vicieuse,‖ elle aime à coqueter ?Entre nous, verras-tu‖ d’un esprit bien tranquilleChez ta femme aborder‖ et la cour et la ville ?Hormis toi, tout chez toi‖ rencontre un doux accueil ;L’un est payé d’un mot,‖ et l’autre d’un coup d’œil ;Ce n’est que pour toi seul‖ qu’elle est fière et chagrine,Aux autres, elle est douce,‖ agréable et badine ;C’est pour eux qu’elle étale‖ et l’or et le brocart ;Que chez toi se prodigue‖ et le rouge et le fard ;Et qu’une main savante,‖ avec tant d’artifice,Bâtit de ses cheveux‖ le galant édifice.Dans sa chambre, crois-moi,‖ n’entre point tout le jour.Si tu veux posséder‖ ta Lucrèce à ton tour,Attends, discret mari,‖ que la belle en cornette,Le soir, ait étalé‖ son teint sur la toilette,Et dans quatre mouchoirs,‖ de sa beauté salis,Envoie au blanchisseur‖ ses roses et ses lis.Alors, tu peux entrer :‖ mais, sage en sa présence,Ne va pas murmurer‖ de sa folle dépense.D’abord, l’argent en main,‖ paye et vite et comptant.Mais non, fais mine un peu‖ d’en être mécontent,Pour la voir aussitôt,‖ de douleur oppressée,Déplorer sa vertu‖ si mal récompensée.Un mari ne veut pas‖ fournir à ses besoins !Jamais femme, après tout,‖ a-t-elle coûté moins ?A cinq cents louis d’or,‖ tout au plus, chaque année,Sa dépense en habits‖ n’est-elle pas bornée ?Que répondre ? Je vois‖ qu’à de si justes cris,Toi-même convaincu,‖ déjà tu t’attendris,Tout prêt à la laisser,‖ pourvu qu’elle s’apaise,Dans ton coffre, à pleins sacs,‖ puiser tout à son aise.A quoi bon en effet‖ t’alarmer de si peu ?Eh ! que serait-ce donc‖ si, le démon du jeuVersant dans son esprit‖ sa ruineuse rage,Tous les jours, mis par elle‖ à deux doigts du naufrage,Tu voyais tous tes biens‖ au sort abandonnésDevenir le butin‖ d’un pique ou d’un sonnez ?Le doux charme pour toi,‖ de voir, chaque journée,De nobles champions‖ ta femme environnée,Sur une table longue‖ et façonnée exprès,D’un tournoi de bassette‖ ordonner les apprêts !Ou, si par un arrêt‖ la grossière policeD’un jeu si nécessaire‖ interdit l’exercice,Ouvrir sur cette table‖ un champ au lansquenet,Ou promener trois dés‖ chassés de son cornet !Puis, sur une autre table,‖ avec un air plus sombre,S’en aller méditer‖ une vole au jeu d’hombre ;S’écrier sur un as‖ mal à propos jeté ;Se plaindre d’un gâno‖ qu’on n’a point écouté !Ou, querellant tout bas‖ le ciel qu’elle regarde,A la bête gémir‖ d’un roi venu sans garde !Chez elle, en ces emplois,‖ l’aube du lendemainSouvent la trouve encor‖ les cartes à la main.Alors, pour se coucher,‖ les quittant, non sans peine,Elle plaint le malheur‖ de la nature humaine,Qui veut qu’en un sommeil‖ où tout s’ensevelitTant d’heures, sans jouer,‖ se consument au lit.Toutefois, en partant,‖ la troupe la console,Et d’un prochain retour‖ chacun donne parole.C’est ainsi qu’une femme‖ en doux amusementsSait du temps qui s’envole‖ employer les moments ;C’est ainsi que souvent,‖ par une forcenéeUne triste famille‖ à l’hôpital traînéeVoit ses biens en décret‖ sur tous les murs écritsDe sa déroute illustre‖ effrayer tout Paris.Mais, que plutôt son jeu‖ mille fois te ruine,Que si, la famélique‖ et honteuse lésineVenant mal à propos‖ la saisir au collet,Elle te réduisait‖ à vivre sans valet,Comme ce magistrat‖ de hideuse mémoireDont je veux bien ici‖ te crayonner l’histoire.Dans la robe on vantait‖ son illustre maison ;Il était plein d’esprit,‖ de sens et de raison ;Seulement pour l’argent‖ un peu trop de faiblesseDe ces vertus en lui‖ ravalait la noblesse.Sa table toutefois,‖ sans superfluité,N’avait rien que d’honnête‖ en sa frugalité.Chez lui, deux bons chevaux,‖ de pareille encolure,Trouvaient dans l’écurie‖ une pleine pâture,Et, du foin que leur bouche‖ au râtelier laissait,De surcroît une mule‖ encor se nourrissait.Mais cette soif de l’or,‖ qui le brûlait dans l’âme,Le fit enfin songer‖ à choisir une femme,Et l’honneur dans ce choix‖ ne fut point regardé.Vers son triste penchant‖ son naturel guidé,Le fit, dans une avare‖ et sordide famille,Chercher un monstre affreux‖ sous l’habit d’une fille ;Et, sans trop s’enquérir‖ d’où la laide venait,Il sut, — ce fut assez,‖ — l’argent qu’on lui donnait.Rien ne le rebuta :‖ ni sa vue éraillée,Ni sa masse de chair‖ bizarrement taillée ;Et trois cent mille francs‖ avec elle obtenusLa firent à ses yeux‖ plus belle que Vénus.Il l’épouse ; et bientôt‖ son hôtesse nouvelle,Le prêchant, lui fit voir‖ qu’il était, au prix d’elle,Un vrai dissipateur,‖ un parfait débauché.Lui-même le sentit,‖ reconnut son péché,Se confessa prodigue,‖ et, plein de repentance,Offrit sur ses avis‖ de régler sa dépense :Aussitôt, de chez eux,‖ tout rôti disparut ;Le pain bis, renfermé,‖ d’une moitié décrut ;Les deux chevaux, la mule,‖ au marché s’envolèrent ;Deux grands laquais, à jeun,‖ sur le soir s’en allèrent :De ces coquins déjà‖ l’on se trouvait lassé,Et, pour n’en plus revoir‖ le reste fut chassé.Deux servantes déjà,‖ largement souffletées,Avaient à coups de pied‖ descendu les montées,Et, se voyant enfin‖ hors de ce triste lieu,Dans la rue en avaient‖ rendu grâces à Dieu.Un vieux valet restait,‖ seul chéri de son maître,Que toujours il servit,‖ et qu’il avait vu naître,Et qui, de quelque somme‖ amassée au bon temps,Vivait encor chez eux,‖ partie à ses dépens.Sa vue embarrassait ;‖ il fallut s’en défaire ;Il fut de la maison‖ chassé comme un corsaire.Voilà nos deux époux‖ sans valets, sans enfants,Tout seuls dans leur logis,‖ libres et triomphants.Alors, on ne mit plus‖ de borne à la lésine :On condamna la cave,‖ on ferma la cuisine ;Pour ne s’en point servir‖ aux plus rigoureux mois,Dans le fond d’un grenier‖ on séquestra le bois ;L’un et l’autre dès lors‖ vécut à l’aventureDes présents qu’à l’abri‖ de la magistratureLe mari quelquefois‖ des plaideurs extorquait,Ou de ce que la femme‖ aux voisins escroquait.Mais, pour bien mettre ici‖ leur crasse en tout son lustre,Il faut voir du logis‖ sortir ce couple illustre ;Il faut voir le mari‖ tout poudreux, tout souillé,Couvert d’un vieux chapeau‖ de cordon dépouillé,Et de sa robe, en vain‖ de pièces rajeunie,A pied dans les ruisseaux‖ traînant l’ignominie.Mais, qui pourrait compter‖ le nombre de haillons,De pièces, de lambeaux,‖ de sales guenillons,De chiffons ramassés‖ dans la plus noire ordure,Dont la femme, aux bons jours,‖ composait sa parure ?Décrirai-je ses bas‖ en trente endroits percés,Ses souliers grimaçants,‖ vingt fois rapetassés,Ses coiffes, d’où pendait‖ au bout d’une ficelleUn vieux masque pelé‖ presque aussi hideux qu’elle ?Peindrai-je son jupon‖ bigarré de latin,Qu’ensemble composaient‖ trois thèses de satin ;Présent qu’en un procès‖ sur certain privilègeFirent à son mari‖ les régents d’un collège,Et qui, sur cette jupe,‖ à maint rieur encor,Derrière elle faisait‖ dire : Argumentabor ?Mais, peut-être, j’invente‖ une fable frivole.Démens donc tout Paris,‖ qui, prenant la parole,Sur ce sujet encor‖ de bons témoins pourvu,Tout prêt à le prouver,‖ te dira : « Je l’ai vu :Vingt ans, j’ai vu ce couple,‖ uni d’un même vice,A tous mes habitants‖ montrer que l’avaricePeut faire dans les biens‖ trouver la pauvreté,Et nous réduire à pis‖ que la mendicité. »Des voleurs, qui chez eux‖ pleins d’espérance entrèrent,De cette triste vie‖ enfin les délivrèrent :Digne et funeste fruit‖ du nœud le plus affreuxDont l’hymen ait jamais‖ uni deux malheureux !Ce récit passe un peu‖ l’ordinaire mesure :Mais un exemple enfin‖ si digne de censurePeut-il dans la satire‖ occuper moins de mots ?Chacun sait son métier.‖ Suivons notre propos.Nouveau prédicateur‖ aujourd’hui, je l’avoue,Écolier, ou plutôt‖ singe de Bourdaloue,Je me plais à remplir‖ mes sermons de portraits.En voilà déjà trois‖ peints d’assez heureux traits :La femme sans honneur,‖ la coquette, et l’avare.Il faut y joindre encor‖ la revêche bizarre,Qui, sans cesse, d’un ton‖ par la colère aigri,Gronde, choque, dément,‖ contredit un mari.Il n’est point de repos‖ ni de paix avec elle ;Son mariage n’est‖ qu’une longue querelle ;Laisse-t-elle un moment‖ respirer son époux,Ses valets sont d’abord‖ l’objet de son courroux ;Et sur le ton grondeur‖ lorsqu’elle les harangue,Il faut voir de quels mots‖ elle enrichit la langue :Ma plume ici, traçant‖ ces mots par alphabet,Pourrait d’un nouveau tome‖ augmenter Richelet.« Tu crains peu d’essuyer‖ cette étrange furie :En trop bon lieu, dis-tu,‖ ton épouse nourrieJamais de tels discours‖ ne te rendra martyr. »Mais, eût-elle sucé‖ la raison dans Saint-Cyr,Crois-tu que d’une fille,‖ humble, honnête, charmante,L’hymen n’ait jamais fait‖ de femme extravagante ?Combien n’a-t-on point vu‖ de belles aux doux yeux,Avant le mariage‖ anges si gracieux,Tout à coup se changeant‖ en bourgeoises sauvages,Vrais démons, apporter‖ l’enfer dans leurs ménages ;Et, découvrant l’orgueil‖ de leurs rudes esprits,Sous leur fontange altière‖ asservir leurs maris !Et puis, quelque douceur‖ dont brille ton épouse,Penses-tu, si jamais‖ elle devient jalouse,Que son âme, livrée‖ à ses tristes soupçons,De la raison encore‖ écoute les leçons ?Alors, Alcippe, alors,‖ tu verras de ses œuvres :Résous-toi, pauvre époux,‖ à vivre de couleuvres ;A la voir tous les jours,‖ dans ses fougueux accès,A ton geste, à ton rire,‖ intenter un procès ;Souvent, de ta maison‖ gardant les avenues,Les cheveux hérissés,‖ t’attendre au coin des rues ;Te trouver en des lieux‖ de vingt portes fermés,Et, partout où tu vas,‖ dans ses yeux enflammés,T’offrir, non pas d’Isis‖ la tranquille Euménide,Mais la vraie Alecto,‖ peinte dans L’Énéide,Un tison à la main,‖ chez le roi Latinus,Soufflant sa rage au sein‖ d’Amate et de Turnus.Mais quoi ! je chausse ici‖ le cothurne tragique !Reprenons au plus tôt‖ le brodequin comique,Et d’objets moins affreux‖ songeons à te parler.Dis-moi donc, laissant là‖ cette folle hurler,T’accommodes-tu mieux‖ de ces douces Ménades,Qui, dans leurs vains chagrins,‖ sans mal toujours malades,Se font des mois entiers,‖ sur un lit effronté,Traiter d’une visible‖ et parfaite santé ;Et douze fois par jour,‖ dans leur molle indolence,Aux yeux de leurs maris‖ tombent en défaillance ?« Quel sujet, dira l’un,‖ peut donc si fréquemmentMettre ainsi cette belle‖ aux bords du monument ?La Parque, ravissant‖ ou son fils ou sa fille,A-t-elle moissonné‖ l’espoir de sa famille ? »Non ; il est question‖ de réduire un mariA chasser un valet‖ dans la maison chéri,Et qui, parce qu’il plaît,‖ a trop su lui déplaire ;Ou de rompre un voyage‖ utile et nécessaire,Mais qui la priverait‖ huit jours de ses plaisirs,Et qui, loin d’un galant,‖ objet de ses désirs ;…Oh ! que pour la punir‖ de cette comédieNe lui vois-je une vraie‖ et triste maladie !Mais, ne nous fâchons point.‖ Peut-être, avant deux jours,Courtois et Denyau,‖ mandés à son secours,— Digne ouvrage de l’art‖ dont Hippocrate traite,— Lui sauront bien ôter‖ cette santé d’athlète ;Pour consumer l’humeur‖ qui fait son embonpoint,Lui donner sagement‖ le mal qu’elle n’a point ;Et, fuyant de Fagon‖ les maximes énormes,Au tombeau mérité‖ la mettre dans les formes.Dieu veuille avoir son âme ;‖ et nous délivre d’eux !Pour moi, grand ennemi‖ de leur art hasardeux,Je ne puis cette fois‖ que je ne les excuse.Mais, à quels vains discours‖ est-ce que je m’amuse ?Il faut sur des sujets‖ plus grands, plus curieux,Attacher de ce pas‖ ton esprit et tes yeux.Qui s’offrira d’abord ?‖ Bon ! c’est cette savanteQu’estime Roberval,‖ et que Sauveur fréquente.D’où vient qu’elle a l’œil trouble,‖ et le teint si terni ?C’est que sur le calcul,‖ dit-on, de Cassini,Un astrolabe en main,‖ elle a, dans sa gouttière,A suivre Jupiter‖ passé la nuit entière.Gardons de la troubler !‖ Sa science, je croi,Aura pour s’occuper‖ ce jour plus d’un emploi :D’un nouveau microscope‖ on doit, en sa présence,Tantôt chez Dalancé‖ faire l’expérience ;Puis, d’une femme morte,‖ avec son embryon,Il faut chez du Verney‖ voir la dissection.Rien n’échappe aux regards‖ de notre curieuse.Mais, qui vient sur ses pas ?‖ c’est une précieuse.Reste de ces esprits‖ jadis si renommésQue d’un coup de son art‖ Molière a diffamés :De tous leurs sentiments‖ cette noble héritièreMaintient encore ici‖ leur secte façonnière ;C’est chez elle toujours‖ que les fades auteursS’en vont se consoler‖ du mépris des lecteurs ;Elle y reçoit leur plainte ;‖ et sa docte demeureAux Perrins, aux Coras,‖ est ouverte à toute heure.Là, du faux bel esprit‖ se tiennent les bureaux ;Là, tous les vers sont bons‖ pourvu qu’ils soient nouveaux ;Au mauvais goût public‖ la belle y fait la guerre ;Plaint Pradon opprimé‖ des sifflets du parterre ;Rit des vains amateurs‖ du grec et du latin ;Dans la balance met‖ Aristote et Cotin ;Puis, d’une main encor‖ plus fine et plus habile,Pèse sans passion‖ Chapelain et Virgile,Remarque en ce dernier‖ beaucoup de pauvretés,Mais pourtant, confessant‖ qu’il a quelques beautés,Ne trouve en Chapelain,‖ quoi qu’ait dit la Satire,Autre défaut, sinon‖ qu’on ne le saurait lire,Et, pour faire goûter‖ son livre à l’univers,Croit qu’il faudrait en prose‖ y mettre tous les vers.« A quoi bon m’étaler‖ cette bizarre écoleDu mauvais sens, dis-tu,‖ prêché par une folle ?De livres et d’écrits‖ bourgeois admirateur,Vais-je épouser ici‖ quelque apprentive auteur ?Savez-vous que l’épouse‖ avec qui je me lieCompte entre ses parents‖ des princes d’Italie ;Sort d’aïeux dont les noms…‖ ? » — Je t’entends, et je voiD’où vient que tu t’es fait‖ secrétaire du roi :Il fallait de ce titre‖ appuyer ta naissance ;Cependant, t’avouerai-je‖ ici mon insolence ?Si quelque objet pareil,‖ chez moi, deçà les Monts,Pour m’épouser, entrait‖ avec tous ces grands noms,Le sourcil rehaussé‖ d’orgueilleuses chimères,Je lui dirais bientôt :‖ « Je connais tous vos pères ;Je sais qu’ils ont brillé‖ dans ce fameux combatOù sous l’un des Valois‖ Enghien sauva l’État.D’Hozier n’en convient pas ;‖ mais, quoi qu’il en puisse être,Je ne suis point si sot‖ que d’épouser mon maître ;Ainsi donc, au plus tôt‖ délogeant de ces lieux,Allez, princesse, allez,‖ avec tous vos aïeux,Sur le pompeux débris‖ des lances espagnoles,Coucher, si vous voulez,‖ aux champs de Cérisoles :Ma maison ni mon lit‖ ne sont point faits pour vous. »— J’admire, poursuis-tu,‖ votre noble courroux.Souvenez-vous pourtant‖ que ma famille illustreDe l’assistance au sceau‖ ne tire point son lustre ;Et que, né dans Paris‖ de magistrats connus,Je ne suis point ici‖ de ces nouveaux venus,De ces nobles sans nom,‖ que, par plus d’une voie,La province souvent‖ en guêtres nous envoie.Mais, eussé-je comme eux‖ des meuniers pour parents ;Mon épouse vînt-elle‖ encor d’aïeux plus grands ;On ne la verrait point,‖ vantant son origine,A son triste mari‖ reprocher la farine.Son cœur, toujours nourri‖ dans la dévotion,De trop bonne heure apprit‖ l’humiliation ;Et, pour vous détromper‖ de la pensée étrangeQue l’hymen aujourd’hui‖ la corrompe et la change,Sachez qu’en notre accord‖ elle a, pour premier point,Exigé qu’un époux‖ ne la contraindrait pointA traîner après elle‖ un pompeux équipage,Ni surtout de souffrir,‖ par un profane usage,Qu’à l’église jamais‖ devant le Dieu jaloux,Un fastueux carreau‖ soit vu sous ses genoux.Telle est l’humble vertu‖ qui, dans son âme empreinte… »Je le vois bien, tu vas‖ épouser une sainte,Et dans tout ce grand zèle‖ il n’est rien d’affecté.Sais-tu bien cependant,‖ sous cette humilité,L’orgueil que quelquefois‖ nous cache une bigote,Alcippe, et connais-tu‖ la nation dévote ?Il te faut de ce pas‖ en tracer quelques traits,Et, par ce grand portrait,‖ finir tous mes portraits.A Paris, à la cour,‖ on trouve, je l’avoue,Des femmes dont le zèle‖ est digne qu’on le loue,Qui s’occupent du bien‖ en tout temps, en tout lieu.J’en sais une chérie‖ et du monde et de Dieu,Humble dans les grandeurs,‖ sage dans la fortune,Qui gémit, comme Esther,‖ de sa gloire importune,Que le vice lui-même‖ est contraint d’estimer,Et que sur ce tableau‖ d’abord tu vas nommer.Mais, pour quelques vertus‖ si pures, si sincères,Combien y trouve-t-on‖ d’impudentes faussaires,Qui, sous un vain dehors‖ d’austère piété,De leurs crimes secrets‖ cherchent l’impunité ;Et couvrent de Dieu même,‖ empreint sur leur visage,De leurs honteux plaisirs‖ l’affreux libertinage !N’attends pas qu’à tes yeux‖ j’aille ici l’étaler.Il vaut mieux le souffrir‖ que de le dévoiler ;De leurs galants exploits‖ les Bussys, les Brantômes,Pourraient avec plaisir‖ te compiler des tomes ;Mais, pour moi, dont le front‖ trop aisément rougit,Ma bouche a déjà peur‖ de t’en avoir trop dit.Rien n’égale en fureur,‖ en monstrueux caprices,Une fausse vertu‖ qui s’abandonne aux vices.De ces femmes pourtant,‖ l’hypocrite noirceurAu moins pour un mari‖ garde quelque douceur.Je les aime encor mieux‖ qu’une bigote altière,Qui, dans son fol orgueil,‖ aveugle et sans lumière,A peine sur le seuil‖ de la dévotionPense atteindre au sommet‖ de la perfection ;Qui du soin qu’elle prend‖ de me gêner sans cesseVa quatre fois par mois‖ se vanter à confesse ;Et, les yeux vers le ciel,‖ pour se le faire ouvrir,Offre à Dieu les tourments‖ qu’elle me fait souffrir.Sur cent pieux devoirs‖ aux saints elle est égale ;Elle lit Rodriguez,‖ fait l’oraison mentale,Va pour les malheureux‖ quêter dans les maisons,Hante les hôpitaux,‖ visite les prisons,Tous les jours à l’église‖ entend jusqu’à six messes :Mais, de combattre en elle‖ et dompter ses faiblesses,Sur le fard, sur le jeu,‖ vaincre sa passion,Mettre un frein à son luxe,‖ à son ambition,Et soumettre l’orgueil‖ de son esprit rebelle,C’est ce qu’en vain le ciel‖ voudrait exiger d’elle.« Et peut-il, dira-t-elle,‖ en effet l’exiger ? »Elle a son directeur,‖ c’est à lui d’en juger.Il faut, sans différer,‖ savoir ce qu’il en pense.Bon ! vers nous à propos‖ je le vois qui s’avance.Qu’il paraît bien nourri !‖ Quel vermillon ! quel teint !Le printemps dans sa fleur‖ sur son visage est peint.Cependant, à l’entendre,‖ il se soutient à peine,Il eut encore hier‖ la fièvre et la migraine,Et, sans les prompts secours‖ qu’on prit soin d’apporter,Il serait sur son lit‖ peut-être à trembloter.Mais, de tous les mortels,‖ grâce aux dévotes âmes,Nul n’est si bien soigné‖ qu’un directeur de femmes.Quelque léger dégoût‖ vient-il le travailler,Une faible vapeur‖ le fait-elle bailler,Un escadron coiffé‖ d’abord court à son aide :L’une chauffe un bouillon,‖ l’autre apprête un remède ;Chez lui, sirops exquis,‖ ratafias vantés,Confitures surtout,‖ volent de tous côtés ;— Car de tous mets sucrés,‖ secs, en pâte, ou liquides,Les estomacs dévots‖ toujours furent avides :Le premier massepain‖ pour eux, je crois, se fit,Et le premier citron‖ à Rouen fut confit. —Notre docteur bientôt‖ va lever tous ses doutes,Du paradis pour elle‖ il aplanit les routes ;Et, loin sur ses défauts‖ de la mortifier,Lui-même, prend le soin‖ de la justifier.« Pourquoi vous alarmer‖ d’une vaine censure ?Du rouge qu’on vous voit‖ on s’étonne, on murmure :Mais, a-t-on, dira-t-il,‖ sujet de s’étonner ?Est-ce qu’à faire peur‖ on veut vous condamner ?Aux usages reçus‖ il faut qu’on s’accommode :Une femme surtout‖ doit tribut à la mode.L’orgueil brille, dit-on,‖ sur vos pompeux habits ;L’œil à peine soutient‖ l’éclat de vos rubis ;Dieu veut-il qu’on étale‖ un luxe si profane ?Oui, lorsqu’à l’étaler‖ notre rang nous condamne.Mais, ce grand jeu, chez vous‖ comment l’autoriser ?Le jeu fut de tout temps‖ permis pour s’amuser ;On ne peut pas toujours‖ travailler, prier, lire ;Il vaut mieux s’occuper‖ à jouer qu’à médire.Le plus grand jeu, joué‖ dans cette intention,Peut même devenir‖ une bonne action :Tout est sanctifié‖ par une âme pieuse.Vous êtes, poursuit-on,‖ avide, ambitieuse ;Sans cesse vous brûlez‖ de voir tous vos parentsEngloutir à la cour‖ charges, dignités, rangs ;Votre bon naturel‖ en cela pour eux brille ;Dieu ne nous défend point‖ d’aimer notre famille.D’ailleurs tous vos parents‖ sont sages, vertueux :Il est bon d’empêcher‖ ces emplois fastueuxD’être donnés peut-être‖ à des âmes mondaines,Éprises du néant‖ des vanités humaines.Laissez là, croyez-moi,‖ gronder les indévots,Et sur votre salut‖ demeurez en repos. »Sur tous ces points douteux‖ c’est ainsi qu’il prononce.Alors, croyant d’un ange‖ entendre la réponse,Sa dévote s’incline,‖ et, calmant son esprit,A cet ordre d’en haut‖ sans réplique souscrit.Ainsi, pleine d’erreurs‖ qu’elle croit légitimes,Sa tranquille vertu‖ conserve tous ses crimes ;Dans un cœur tous les jours‖ nourri du sacrementMaintient la vanité,‖ l’orgueil, l’entêtement ;Et croit que devant Dieu‖ ses fréquents sacrilègesSont pour entrer au ciel‖ d’assurés privilèges.Voilà le digne fruit‖ des soins de son docteur.Encore est-ce beaucoup,‖ si ce guide imposteur,Par les chemins fleuris‖ d’un charmant quiétisme,Tout à coup l’amenant‖ au vrai molinosisme,Il ne lui fait bientôt,‖ aidé de Lucifer,Goûter en paradis‖ les plaisirs de l’enfer.Mais, dans ce doux état,‖ molle, délicieuse,La hais-tu plus, dis-moi,‖ que cette bilieuseQui, follement outrée‖ en sa sévérité,Baptisant son chagrin‖ du nom de piété,Dans sa charité fausse‖ où l’amour-propre abonde,Croit que c’est aimer Dieu‖ que haïr tout le monde ?Il n’est rien où d’abord‖ son soupçon attachéNe présume du crime,‖ et ne trouve un péché.Pour une fille honnête‖ et pleine d’innocenceCroit-elle en ses valets‖ voir quelque complaisance,Réputés criminels,‖ les voilà tous chassés,Et chez elle à l’instant‖ par d’autres remplacés.Son mari, qu’une affaire‖ appelle dans la ville,Et qui chez lui sortant‖ a tout laissé tranquille,Se trouve assez surpris,‖ rentrant dans la maison,De voir que le portier‖ lui demande son nom ;Et que, parmi ses gens,‖ changés en son absence,Il cherche vainement‖ quelqu’un de connaissance.« Fort bien ! le trait est bon !‖ dans les femmes, dis-tu,Enfin vous n’approuvez‖ ni vice ni vertu.Voilà le sexe peint‖ d’une noble manière !Et Théophraste même,‖ aidé de La Bruyère,Ne m’en pourrait pas faire‖ un plus riche tableau.C’est assez : il est temps‖ de quitter le pinceau ;Vous avez désormais‖ épuisé la satire. »Épuisé, cher Alcippe !‖ Ah ! tu me ferais rire !Sur ce vaste sujet‖ si j’allais tout tracer,Tu verrais sous ma main‖ des tomes s’amasser.Dans le sexe j’ai peint‖ la piété caustique ;Et, que serait-ce donc‖ si, censeur plus tragique,J’allais t’y faire voir‖ l’athéisme établi,Et, non moins que l’honneur,‖ le ciel mis en oubli ?Si j’allais t’y montrer‖ plus d’une CapanéePour souveraine loi‖ mettant la destinée,Du tonnerre dans l’air‖ bravant les vains carreaux,Et nous parlant de Dieu‖ du ton de Desbarreaux ?Mais, sans aller chercher‖ cette femme infernale,T’ai-je encor peint, dis-moi,‖ la fantasque inégale,Qui, m’aimant le matin,‖ souvent me hait le soir ?T’ai-je peint la maligne‖ aux yeux faux, au cœur noir ?T’ai-je encor exprimé‖ la brusque impertinente ?T’ai-je tracé la vieille‖ à morgue dominante,Qui veut, vingt ans encore‖ après le sacrement,Exiger d’un mari‖ les respects d’un amant ?T’ai-je fait voir, de joie‖ une belle animée,Qui souvent d’un repas‖ sortant tout enfumée,Fait, même à ses amants,‖ trop faibles d’estomac,Redouter ses baisers‖ pleins d’ail et de tabac ?T’ai-je encore décrit‖ la dame brelandièreQui des joueurs chez soi‖ se fait cabaretière,Et souffre des affronts‖ que ne souffrirait pasL’hôtesse d’une auberge‖ à dix sous par repas ?Ai-je offert à tes yeux‖ ces tristes Tisiphones,Ces monstres, pleins d’un fiel‖ que n’ont point les lionnes,Qui, prenant en dégoût‖ les fruits nés de leur flanc,S’irritent sans raison‖ contre leur propre sang ;Toujours en des fureurs‖ que les plaintes aigrissent,Battent dans leurs enfants‖ l’époux qu’elles haïssent ;Et font de leur maison,‖ digne de Phalaris,Un séjour de douleur,‖ de larmes et de cris ?Enfin, t’ai-je dépeint‖ la superstitieuse,La pédante au ton fier,‖ la bourgeoise ennuyeuse,Celle qui de son chat‖ fait son seul entretien,Celle qui toujours parle‖ et ne dit jamais rien ?Il en est des milliers ;‖ mais ma bouche, enfin lasse,Des trois quarts, pour le moins,‖ veut bien te faire grâce.« J’entends, c’est pousser loin‖ la modération.Ah ! finissez, dis-tu,‖ la déclamation.Pensez-vous qu’ébloui‖ de vos vaines paroles,J’ignore qu’en effet‖ tous ces discours frivolesNe sont qu’un badinage,‖ un simple jeu d’espritD’un censeur, dans le fond,‖ qui folâtre et qui rit,Plein du même projet‖ qui vous vint dans la têteQuand vous plaçâtes l’homme‖ au-dessous de la bête ?Mais enfin, vous et moi,‖ c’est assez badiner ;Il est temps de conclure,‖ et, pour tout terminer,Je ne dirai qu’un mot :‖ la fille qui m’enchante,Noble, sage, modeste,‖ humble, honnête, touchante,N’a pas un des défauts‖ que vous m’avez fait voir.Si, par un sort, pourtant,‖ qu’on ne peut concevoir,La belle, tout à coup‖ rendue insociable,D’ange, — ce sont vos mots,‖ — se transformait en diable,Vous me verriez bientôt,‖ sans me désespérer,Lui dire : « Eh bien ! madame,‖ il faut nous séparer ;« Nous ne sommes pas faits,‖ je le vois, l’un pour l’autre.« Mon bien se monte à tant ;‖ tenez, voilà le vôtre ;« Partez ; délivrons-nous‖ d’un mutuel souci. »Alcippe, tu crois donc‖ qu’on se sépare ainsi ?Pour sortir de chez toi‖ sur cette offre offensante,As-tu donc oublié‖ qu’il faut qu’elle y consente ?Et crois-tu qu’aisément‖ elle puisse quitterLe savoureux plaisir‖ de t’y persécuter ?Bientôt son procureur,‖ pour elle usant sa plume,De ses prétentions‖ va t’offrir un volume ;Car, grâce au droit reçu‖ chez les Parisiens,Gens de douce nature,‖ et maris bons chrétiens,Dans ses prétentions‖ une femme est sans borne.Alcippe, à ce discours‖ je te trouve un peu morne.« Des arbitres, dis-tu,‖ pourront nous accorder. »Des arbitres !… Tu crois‖ l’empêcher de plaider !Sur ton chagrin déjà‖ contente d’elle-même,Ce n’est point tous ses droits,‖ c’est le procès qu’elle aime ;Pour elle un bout d’arpent‖ qu’il faudra disputerVaut mieux qu’un fief entier‖ acquis sans contester ;Avec elle il n’est point‖ de droit qui s’éclaircisse,Point de procès si vieux‖ qui ne se rajeunisse ;Et, sur l’art de former‖ un nouvel embarras,Devant elle Rolet‖ mettrait pavillon bas.Crois-moi, pour la fléchir‖ trouve enfin quelque voie,Ou je ne réponds pas‖ dans peu qu’on ne te voie,Sous le faix des procès,‖ abattu, consterné,Triste, à pied, sans laquais,‖ maigre, sec, ruiné,Vingt fois dans ton malheur‖ résolu de te pendre ;Et, pour comble de maux,‖ réduit à la reprendre !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 369((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a galanteries / maries féminine, classiqueb d’accord / coffre-fort masculine, classiquea énergique / authentique féminine, classiqueb désirs / plaisirs masculine, classiquea extrême / aime féminine, classiqueb bon / maison masculine, classiquea mère / père féminine, classiqueb menacer / s’empresser masculine, classiquea d’apparence / avance féminine, classiqueb affreux / malheureux masculine, classiquea désole / console féminine, classiqueb t’aigrit / esprit masculine, classiquea outrée / Rhée féminine, classiqueb front / affront masculine, classiquea injustices / vices féminine, classiqueb conjugal / métal masculine, classiquea admirable / fable féminine, classiqueb Noé / avoué masculine, classiquea guerre / terre féminine, classiqueb Laïs / pays masculine, classiquea modèle / fidèle féminine, classiqueb compter / citer masculine, classiquea quatrième / même féminine, classiqueb toi / crois-moi masculine, classiquea maîtresse / Lucrèce féminine, classiqueb judicieux / odieux masculine, classiquea mémoire / histoire féminine, classiqueb avancé / dénoncé masculine, classiquea critique / m’explique féminine, classiqueb conduit / instruit masculine, classiquea expose / glose féminine, classiqueb l’univers / vers masculine, classiquea matière / Molière féminine, classiqueb Saint-Gelais / Rabelais masculine, classiquea naïves / archives féminine, classiqueb reconnu / entretenu masculine, classiquea l’usage / s’engage féminine, classiqueb pris / maris masculine, classiquea salutaire / faire féminine, classiqueb foi / effroi masculine, classiquea visage / partage féminine, classiqueb annoncé / passé masculine, classiquea voie / joie féminine, classiqueb celer / désoler masculine, classiquea charmes / larmes féminine, classiqueb raison / maison masculine, classiquea traîtres / maîtres féminine, classiqueb lit / esprit masculine, classiquea tragiques / chroniques féminine, classiqueb fierté / société masculine, classiquea solitude / inquiétude féminine, classiqueb aïeul / seul masculine, classiquea fortunée / journée féminine, classiquea misanthropie / vie féminine, classiqueb est / plaît masculine, classiquea guide / bride féminine, classiqueb gêner / enchaîner masculine, classiquea l’assiste / janséniste féminine, classiqueb touché / prêché masculine, classiquea raillerie / plaisanterie féminine, classiqueb jour / tour masculine, classiquea conduite / instruite féminine, classiquea licence / innocence féminine, classiqueb l’Opéra / verra masculine, classiquea harmonieuse / luxurieuse féminine, classiqueb roulants / Rolands masculine, classiquea suprême / même féminine, classiqueb enflammer / aimer masculine, classiquea lubrique / musique féminine, classiqueb excités / agités masculine, classiquea timide / d’Armide féminine, classiqueb sons / leçons masculine, classiquea pure / blessure féminine, classiqueb l’entraîner / l’environner masculine, classiquea précipice / glisse féminine, classiqueb enchanteurs / séducteurs masculine, classiquea folie / Clélie féminine, classiqueb d’amis / permis masculine, classiquea Tendre / entendre féminine, classiqueb Satan / roman masculine, classiquea débute / chute féminine, classiqueb bords / dehors masculine, classiquea déplaire / mousquetaire féminine, classiqueb brelans / galants masculine, classiquea enfantine / Messaline féminine, classiqueb ruinés / assassinés masculine, classiquea désordonnée / abandonnée féminine, classiqueb ramasser / chasser masculine, classiquea caprice / vice féminine, classiqueb t’inquiéter / coqueter masculine, classiquea tranquille / ville féminine, classiqueb accueil / d’œil masculine, classiquea chagrine / badine féminine, classiqueb brocart / fard masculine, classiquea d’artifice / édifice féminine, classiquea cornette / toilette féminine, classiqueb salis / lis masculine, classiquea présence / dépense féminine, classiqueb comptant / mécontent masculine, classiquea oppressée / récompensée féminine, classiqueb besoins / moins masculine, classiquea année / bornée féminine, classiqueb cris / t’attendris masculine, classiquea s’apaise / aise féminine, classiqueb peu / jeu masculine, classiquea rage / naufrage féminine, classiqueb abandonnés / sonnez masculine, classiquea journée / environnée féminine, classiqueb exprès / apprêts masculine, classiquea police / l’exercice féminine, classiqueb lansquenet / cornet masculine, classiquea sombre / d’hombre féminine, classiqueb jeté / écouté masculine, classiquea regarde / garde féminine, classiqueb lendemain / main masculine, classiquea peine / humaine féminine, classiqueb s’ensevelit / lit masculine, classiquea console / parole féminine, classiqueb amusements / moments masculine, classiquea forcenée / traînée féminine, classiqueb écrits / Paris masculine, classiquea ruine / lésine féminine, classiqueb collet / valet masculine, classiquea mémoire / l’histoire féminine, classiqueb maison / raison masculine, classiquea faiblesse / noblesse féminine, classiqueb superfluité / frugalité masculine, classiquea encolure / pâture féminine, classiqueb laissait / nourrissait masculine, classiquea l’âme / femme féminine, classiqueb regardé / guidé masculine, classiquea famille / fille féminine, classiqueb venait / donnait masculine, classiquea éraillée / taillée féminine, classiqueb obtenus / Vénus masculine, classiquea nouvelle / d’elle féminine, classiqueb débauché / péché masculine, classiquea repentance / dépense féminine, classiqueb disparut / décrut masculine, classiquea s’envolèrent / allèrent féminine, classiqueb lassé / chassé masculine, classiquea souffletées / montées féminine, classiqueb lieu / Dieu masculine, classiquea maître / naître féminine, classiqueb temps / dépens masculine, classiquea défaire / corsaire féminine, classiqueb enfants / triomphants masculine, classiquea lésine / cuisine féminine, classiqueb mois / bois masculine, classiquea l’aventure / magistrature féminine, classiqueb extorquait / escroquait masculine, classiquea lustre / illustre féminine, classiqueb souillé / dépouillé masculine, classiquea rajeunie / l’ignominie féminine, classiqueb haillons / guenillons masculine, classiquea ordure / parure féminine, classiqueb percés / rapetassés masculine, classiquea ficelle / qu’elle féminine, classiqueb latin / satin masculine, classiquea privilège / collège féminine, classiqueb encor / Argumentabor masculine, classiquea frivole / parole féminine, classiqueb pourvu / vu masculine, classiquea vice / l’avarice féminine, classiqueb pauvreté / mendicité masculine, classiquea entrèrent / délivrèrent féminine, classiquea mesure / censure féminine, classiqueb mots / propos masculine, classiquea l’avoue / Bourdaloue féminine, classiqueb portraits / traits masculine, classiquea l’avare / bizarre féminine, classiqueb aigri / mari masculine, classiquea elle / querelle féminine, classiqueb époux / courroux masculine, classiquea harangue / langue féminine, classiqueb alphabet / Richelet masculine, classiquea furie / nourrie féminine, classiqueb martyr / Saint-Cyr masculine, classiquea charmante / extravagante féminine, classiqueb yeux / gracieux masculine, classiquea sauvages / ménages féminine, classiqueb esprits / maris masculine, classiquea épouse / jalouse féminine, classiqueb soupçons / leçons masculine, classiquea œuvres / couleuvres féminine, classiqueb accès / procès masculine, classiquea avenues / rues féminine, classiqueb fermés / enflammés masculine, classiquea Euménide / L’Énéide féminine, classiqueb Latinus / Turnus masculine, classiquea tragique / comique féminine, classiqueb parler / hurler masculine, classiquea Ménades / malades féminine, classiqueb effronté / santé masculine, classiquea indolence / défaillance féminine, classiqueb fréquemment / monument masculine, classiquea fille / famille féminine, classiqueb mari / chéri masculine, classiquea déplaire / nécessaire féminine, classiqueb plaisirs / désirs masculine, classiquea comédie / maladie féminine, classiqueb jours / secours masculine, classiquea traite / d’athlète féminine, classiqueb embonpoint / point masculine, classiquea énormes / formes féminine, classiqueb d’eux / hasardeux masculine, classiquea excuse / m’amuse féminine, classiqueb curieux / yeux masculine, classiquea savante / fréquente féminine, classiqueb terni / Cassini masculine, classiquea gouttière / entière féminine, classiqueb croi / emploi masculine, classiquea présence / l’expérience féminine, classiqueb embryon / dissection masculine, classiquea curieuse / précieuse féminine, classiqueb renommés / diffamés masculine, classiquea héritière / façonnière féminine, classiqueb auteurs / lecteurs masculine, classiquea demeure / heure féminine, classiqueb bureaux / nouveaux masculine, classiquea guerre / parterre féminine, classiqueb latin / Cotin masculine, classiquea habile / Virgile féminine, classiqueb pauvretés / beautés masculine, classiquea Satire / lire féminine, classiquea école / folle féminine, classiqueb admirateur / auteur masculine, classiquea lie / d’Italie féminine, classiqueb voi / roi masculine, classiquea naissance / insolence féminine, classiqueb Monts / noms masculine, classiquea chimères / pères féminine, classiqueb combat / l’État masculine, classiquea être / maître féminine, classiqueb lieux / aïeux masculine, classiquea espagnoles / Cérisoles féminine, classiqueb vous / courroux masculine, classiquea illustre / lustre féminine, classiqueb connus / venus masculine, classiquea voie / envoie féminine, classiqueb parents / grands masculine, classiquea origine / farine féminine, classiqueb dévotion / l’humiliation masculine, classiquea étrange / change féminine, classiqueb point masculine, classiquea équipage / usage féminine, classiqueb jaloux / genoux masculine, classiquea empreinte / sainte féminine, classiqueb d’affecté / humilité masculine, classiquea bigote / dévote féminine, classiqueb traits / portraits masculine, classiquea l’avoue / loue féminine, classiquea fortune / importune féminine, classiqueb d’estimer / nommer masculine, classiquea sincères / faussaires féminine, classiqueb piété / l’impunité masculine, classiquea visage / libertinage féminine, classiqueb l’étaler / dévoiler masculine, classiquea Brantômes / tomes féminine, classiqueb rougit / dit masculine, équivalentea caprices / vices féminine, classiqueb noirceur / douceur masculine, classiquea altière / lumière féminine, classiqueb dévotion / perfection masculine, classiquea cesse / confesse féminine, classiqueb ouvrir / souffrir masculine, classiquea égale / mentale féminine, classiqueb maisons / prisons masculine, classiquea messes / faiblesses féminine, classiqueb passion / ambition masculine, classiquea rebelle / d’elle féminine, classiqueb l’exiger / juger masculine, classiquea pense / s’avance féminine, classiqueb teint / peint masculine, classiquea peine / migraine féminine, classiqueb d’apporter / trembloter masculine, classiquea âmes / femmes féminine, classiqueb travailler / bailler masculine, classiquea aide / remède féminine, classiqueb vantés / côtés masculine, classiquea liquides / avides féminine, classiqueb fit / confit masculine, classiquea doutes / routes féminine, classiqueb mortifier / justifier masculine, classiquea censure / murmure féminine, classiqueb s’étonner / condamner masculine, classiquea s’accommode / mode féminine, classiqueb habits / rubis masculine, classiquea profane / condamne féminine, classiqueb l’autoriser / s’amuser masculine, classiquea lire / médire féminine, classiqueb intention / action masculine, classiquea pieuse / ambitieuse féminine, classiqueb parents / rangs masculine, classiquea brille / famille féminine, classiqueb vertueux / fastueux masculine, classiquea mondaines / humaines féminine, classiqueb indévots / repos masculine, classiquea prononce / réponse féminine, classiqueb esprit / souscrit masculine, classiquea légitimes / crimes féminine, classiqueb sacrement / l’entêtement masculine, classiquea sacrilèges / privilèges féminine, classiqueb docteur / imposteur masculine, classiquea quiétisme / molinosisme féminine, classiqueb Lucifer / l’enfer masculine, classiquea délicieuse / bilieuse féminine, classiqueb sévérité / piété masculine, classiquea abonde / monde féminine, classiqueb attaché / péché masculine, classiquea d’innocence / complaisance féminine, classiqueb chassés / remplacés masculine, classiquea ville / tranquille féminine, classiqueb maison / nom masculine, classiquea absence / connaissance féminine, classiqueb dis-tu / vertu masculine, classiquea manière / Bruyère féminine, classiqueb tableau / pinceau masculine, classiquea satire / rire féminine, classiqueb tracer / s’amasser masculine, classiquea caustique / tragique féminine, classiqueb établi / oubli masculine, classiquea Capanée / destinée féminine, classiqueb carreaux / Desbarreaux masculine, classiquea infernale / inégale féminine, classiqueb soir / noir masculine, classiquea impertinente / dominante féminine, classiqueb sacrement / amant masculine, classiquea animée / enfumée féminine, classiqueb d’estomac / tabac masculine, classiquea brelandière / cabaretière féminine, classiqueb pas / repas masculine, classiquea Tisiphones / lionnes féminine, classiqueb flanc / sang masculine, classiquea aigrissent / haïssent féminine, classiqueb Phalaris / cris masculine, classiquea superstitieuse / ennuyeuse féminine, classiqueb entretien / rien masculine, classiquea lasse / grâce féminine, classiqueb modération / déclamation masculine, classiquea paroles / frivoles féminine, classiqueb d’esprit / rit masculine, classiquea tête / bête féminine, classiqueb badiner / terminer masculine, classiquea m’enchante / touchante féminine, classiqueb voir / concevoir masculine, classiquea insociable / diable féminine, classiqueb désespérer / séparer masculine, classiquea l’autre / vôtre féminine, classiqueb souci / ainsi masculine, classiquea offensante / consente féminine, classiqueb quitter / persécuter masculine, classiquea plume / volume féminine, classiqueb Parisiens / chrétiens masculine, classiquea borne / morne féminine, classiqueb accorder / plaider masculine, classiquea d’elle-même / aime féminine, classiqueb disputer / contester masculine, classiquea s’éclaircisse / rajeunisse féminine, classiqueb embarras / bas masculine, classiquea voie féminine, classiqueb consterné / ruiné masculine, classiquea pendre / reprendre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
738 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques, Paris, Hachette, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources