La France éternelle, 1918
« Ce n’est pas quand nos preux depuis tant de mois peinent »
Ce n’est pas quand nos preux depuis tant de mois peinent,Four le libre alleu Franc sans cesse offrent leurs jours,Et donnent vaillamment leur stoïque concoursPour empêcher, Pays, que les Huns ne t’enchaînent,
Qu’avec un fier dédain la Muse peut rester,Loin des regards de tous, close en sa tour d’ivoire,Buvant béatement l’ambroisie au ciboireQu’à l’artiste Apollon se plaît à présenter !
Il faut que le poète aille aussi, dans l’arène,Se mêler à la lutte, exalter le soldat,Et conduire à l’assaut une ardente armadaDu Verbe que l’amour de la patrie entraîne,
Et si parfois le vers dans l’inspiration,Laisse échapper des mots brutaux comme des balles,Qu’importe ! Foin de l’hymne ! Adieu les pastorales !La strophe doit savoir célébrer l’action,
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La France éternelle, Paris, BERNARD GRASSET, 1918· numérisation gallica.bnf.fr· Sources