Le Luth doré, 1911· Les reliques du cœur
Amour
Puisque votre visage a mis son beau sourireSur mon chemin désert où l’Amour était mort,Mon cœur s’est ranimé comme une grande lyreDont la brise caresse et mêle les accords.
Vous avez ravivé les sources de la joieQue je croyais tarie au profond de mon cœur,Et vous avez peuplé de songes bleus la voieOù, morne, je marchais sous l’azur sans chaleur.
Vos deux mains m’ont tendu l’eau claire des fontainesOù, nuit et jour, un ciel profond s’était miré ;J’ai senti sur mon front se poser votre haleine,Et j’oubliai soudain qu’un jour j’avais pleuré.
Et parce que votre âme entr’ouvrit à la mienneLe sanctuaire d’or de la sainte bonté,Que me font les rancœurs poignant ma vie ancienne,Quand je chemine en paix, Chère, à votre clarté !
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Luth doré, Paris, BERNARD GRASSET, 1911· numérisation gallica.bnf.fr· Sources