Le Luth doré, 1911· Les reliques du cœur
Béatrice au miroir
Le rêve harmonieux où ton âme se plongeAu tain du clair miroir,Comme un reflet d’azur qui dans l’eau se prolonge,Illumine tes traits de tendresse et d’espoir.
Mais dédaignant l’angoisse éclose du mystère,Tu ris à ta clarté,Et ta lèvre s’entr’ouvre, et voici que la terreS’épanouit d’amour, de joie et de beauté.
Car c’est toi la splendeur, la grâce, l’eurythmie,O Douce, et ton regard,En inspirant ma Muse, illumine ma vieEt fait de ton poète un servant de ton art.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Luth doré, Paris, BERNARD GRASSET, 1911· numérisation gallica.bnf.fr· Sources