Le Luth doré, 1911· Les reliques du cœur
Angoisse
Ne rien savoir de vous, quelle angoisse indicible !Ignorer votre vie, évoquer vainement,Au fond de l’Inconnu, la demeure paisibleOù vous coulez des jours unis et sans tourment.
Penser que jamais plus je n’aurai vos mains tendres,Que vos yeux caressants pour jamais m’ont quitté,Que le vent de l’oubli sur notre amour en cendresA semé l’herbe folle et l’ajonc sans beauté.
Être, ici-bas, pour vous, dans la fuite de l’heure,Moins qu’un rêve dont s’est perdu le souvenir,Moins qu’un rameau flétri qu’en passant l’on effleure.Ne plus vous voir chagrin qui ne doit pas finir…
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Luth doré, Paris, BERNARD GRASSET, 1911· numérisation gallica.bnf.fr· Sources