Le Luth doré, 1911· Les reliques du cœur
Constance
Belles faveurs d’amour comme l’on vous oublie !Comme le cœur du cœur aisément se délie,Même si les amants, à l’instant des aveux,Croient prononcer alors d’irrévocables vœux !
Parfois l’ami volage, après l’heure enflamméeDu baiser qu’il prit sur les lèvres de l’aimée,S’enfuit comme un larron, outrageant la douleurDe celle qu’il délaisse et qu’il voue au malheur.
Mais il en est dont l’âme, au changement rebelle,Saigne de l’abandon d’une amante infidèle,Et, dans la solitude affreuse de son sort,Ne vit plus désormais que d’un espoir : la mort.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Luth doré, Paris, BERNARD GRASSET, 1911· numérisation gallica.bnf.fr· Sources