Le Luth doré, 1911· Les reliques du cœur
L’asile
Mon cœur aux souffles de la terreUnis-toi dans un grand élan ;Presse-toi sur son sein brûlant :Tu ne seras plus solitaire.
Mon cœur, si tu te désespères,Alors regarde autour de toiTant de fortunes moins prospères :Tu n’auras plus de désarroi.
Mon cœur, dans la fraîcheur des prés,Baigne-toi de saine rosée,A l’aube des matins dorés :Tu verras ta fièvre apaisée.
Sache te pencher sur les peines,Mon cœur, quand tu souffres trop fort :Tu ne sentiras plus tes chaînes ;Prends ta part de l’humain effort.
Mais lorsque la haine en secretTe heurte et te vise, acharnée :Tu trouveras l’asile vraiAux seuls bras de la Bien-Aimée
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Luth doré, Paris, BERNARD GRASSET, 1911· numérisation gallica.bnf.fr· Sources