Le Luth doré, 1911· Les reliques du cœur
Le meilleur de mon cœur
Le meilleur de mon cœur a passé dans vos vers,Amie aux doux talent, si proche de mon âme,Qui ranimez en moi le lyrisme et sa flammeEt qui m’êtes à vous seule tout l’univers.
En vos frémissements de poésie émue,Comme un filon d’or pur dans le marbre gainé,Ou comme au creux du vert laurier rêve Daphné,Ma pensée, invisible et grave, s’insinue.
Le sens mystérieux de certains de vos mots,Sous le voile du conte et de l’allégorie,Dissimule un écho de mainte causerieOù s’épanchent en paix nos deux esprits jumeaux.
Mais quand vous parcourez, parfois, de mes poèmes,Vous pouvez retrouver, dans leur trame fixés,Telle phrase vibrante et tels profonds pensers,Dont j’ai surpris la source adorable en vous-même…
Et tant que pour soleils j’aurai tes regards clairs,Sans qu’on sache ton nom et sans que se révèleL’union où ma Muse à ta Muse se mêle :Le meilleur de ton cœur passera dans mes vers.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Luth doré, Paris, BERNARD GRASSET, 1911· numérisation gallica.bnf.fr· Sources