Le Luth doré, 1911· Rêves et méditations
Les rêves
Pour Émile Nolly.
Tourment d’aimer, chagrin d’aimer les rêvesAvec leurs indécises clartés,Leurs visions fugitives ou brèves,Leur pittoresque et leurs étrangetés.
Souci de suivre au loin leurs arabesques,De démêler leur mystère obscur,De découvrir les invisibles fresquesOù sont empreints leur or et leur azur.
Douceur pourtant de se sentir leur chose,Le tabernacle qu’ils ont hanté,Puis de partir avec leur troupe rose,Pour l’Inconnu, la Joie et la Beauté.
Bonheur surtout de tenir d’eux sans trêvesLe fil qui relie à l’Infini…Charme d’aimer, douceur d’aimer les rêvesD’où le vulgaire est à jamais banni.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Luth doré, Paris, BERNARD GRASSET, 1911· numérisation gallica.bnf.fr· Sources