Le recueil des souvenirs, 1899· Pèlerinage d’amour· Pèlerinage d’amour
VIII. « Écoute le précepte auguste des sillons »
Écoute le précepte auguste des sillons.Vois : Du sol brun et gras que tranche la charrueMonte une brume bleue aussitôt disparueA l’air où le soleil met ses derniers rayons.
Dans le gramen froissé meurent les papillons.Sous l’effort du cheval qui hennit et qui rueLe soc, péniblement, creuse une étroite rueEt l’humus retourné s’étoile de paillons.
Aux mottes les semeurs lancent, par large ondée,Le froment, et bientôt la terre fécondéeAnnoncera l’espoir des moissons de demain !
Qu’ainsi ton cœur, ouvert par l’acier de l’épreuve,Sente germer en lui comme une glèbe neuve,La semence qu’Éros dispense à pleine main.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le recueil des souvenirs, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources