Le recueil des souvenirs, 1899· Pèlerinage d’amour· Pèlerinage d’amour
VII. « Prends l’amphore de grès à l’anse rebondie »
Prends l’amphore de grès à l’anse rebondieD’où déborde un nectar tiède, épais et mousseux.Le long des flancs du vase et de son col glaceuxGoutte une neige en pleurs que l’azur irradie.
Trempe au breuvage exquis ta main et le dédieA Éros. Réunis tes hommages à ceuxDes gerbes dont l’épi flexible et paresseuxBaise les flots lactés d’une tige alourdie.
Là-bas, les bûcherons, au cœur de la forêt,Choisissent leur victime et frappent sans arrêtLe sapin noir, l’orme élancé, le bouleau blême.
Toi, cependant, au seuil de la maison de mort,Offre comme en Été le blé de Messidor,Comme au printemps le lait que tache une ample crème.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le recueil des souvenirs, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources