Le recueil des souvenirs, 1899· Pèlerinage d’amour· Pèlerinage d’amour
IX. « Sirènes des ruisseaux, Naïades, Nymphes blondes »
Sirènes des ruisseaux, Naïades, Nymphes blondes,Qui des grands bois sacrés peuplez les profondeurs,Liez vos bras, croisez l’essaim de vos candeursAutour du Dieu qui dompte et réjouit les mondes.
Inclinez sur ses pieds, en décrivant vos rondes,Les iris aux yeux bleus, les lis blancs de pudeurs,Et vos fronts amoureux, éclatants de splendeursSous les cheveux de soie où zéphyr met des ondes.
Puis mêlez à mes chants le cristal de vos voix ;Vantez Éros, son joug, sa noblesse et ses loisDans un péan aux sons frôleurs comme des ailes ;
Dites l’ardeur de vivre ou le charme d’aimer,Et combien il est doux au cœur de s’abîmerDans la pérennité des tendresses fidèles.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le recueil des souvenirs, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources