Le recueil des souvenirs, 1899· Pèlerinage d’amour· Pèlerinage d’amour
X. « Et la Belle quittant le Temple des lumières »
Et la Belle quittant le Temple des lumièresPar les sentiers muets regagne la maisonQui, sous l’arceau d’un hêtre à noire frondaison,Abrite ses perrons pleins de roses trémières.
Le soir vient, et déjà les plaines coutumièresS’effacent aux confins d’un humide horizon.La feuille tombe au vent de l’arrière saison.On voit fumer les toits incertains des chaumières.
Insensible à la mort de l’automne et du jour,Elle marche gaiement, Pèlerine d’amour,Sous les nuages bas, l’autan, la brume grise.
En vain, avec l’hiver va sombrer le soleil :La vierge dans son cœur, comme un songe vermeil,Garde les traits du Dieu dont son âme est éprise.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le recueil des souvenirs, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources