Le recueil des souvenirs, 1899· Heures florentines
Les cloîtres et le couvent de saint-marc
A monsieur Emmanuel des Essarts.
O cloîtres de Saint-Marc, sous vos pieux arceauxJadis Angelico promena ses pensées.Vos murs gardent encor les pages nuancéesDu poème de Foi sorti de ses pinceaux :
Christs au corps amaigris, Jésus dans leurs berceaux,Apôtres, confesseurs, célestes fiancées,Vierges au galbe pur, d’amour divin blessées,Séraphins à cheveux bouclés de jouvenceaux.
L’allégresse, l’extase et les grâces mystiquesParfument d’idéal les anges des triptyquesOù trône la Madone au front étoilé d’or,
Tandis qu’à l’horizon Fiesole se dessineDans son nid de remparts, dominant la collineQui monte sous l’azur serein comme un Thabor.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le recueil des souvenirs, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources