Le recueil des souvenirs, 1899· Heures douces
Les tendres poètes
A Jean Mérac.
Poètes des amants, poètes des caressesDont s’enivre au printemps la jeune humanité,Vous goûtez l’ambroisie et l’immortalité,Entourés du cortège exquis de vos maîtresses.
Vous avez peint leurs traits, leurs rêves, leurs ivressesDans vos hymnes, pieux écrins de la beauté.Et quand tout ici-bas n’est que fragilité,Vos chants ont un parfum d’éternelles tendresses.
Aux bois, qu’emplit l’écho de vos serments passés,De fiers adolescents, par couples enlacés,Vous lisent, cependant que se cherchent leurs lèvres.
Car dans vos vers émus, sertis de rimes d’or,Un doux bruit de baisers semble vibrer encorComme au temps où l’amour vous brûlait de ses fièvres.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le recueil des souvenirs, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources