Le recueil des souvenirs, 1899· Heures antiques· Ii. médaillons
Pan
A Francis Jammes.
Passant, sur cet autel enguirlandé de lierre,Fleuri de clématite agreste et de lilas,Dépose deux ramiers au bec rose et tout basDis au Maître des champs une courte prière.
Il protège ces lieux, il foule la clairière,Il hante la forêt que tu peux voir là-bas ;Et bien que dans les airs Eurus ne souffle pas,Un invisible esprit fait frémir la bruyère.
Mouille ton front brûlant à ce ruisseau sacré,Le chèvre-pied souvent s’y plonge au soir doré ;Puis reprenant le glaive et le bâton d’érable,
Va, le cœur plein d’espoir, où t’appellent les Dieux,La route, sois-en sûr, te sera favorable :Pan seconde et chérit le voyageur pieux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le recueil des souvenirs, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources