Les heures de la muse - I, 1902· Le Latium· Rome
Les ancêtres
Pour Ugo Ojetti.
Evocat antiquis proavos atavosque sepulcris.OVIDE.
J’ai vu flotter, ce soir, l’âme antique des DieuxSur Rome qui s’endort dans sa gloire immortelle.Un grand frisson d’émoi agitait chaque stèle,Vestige toujours fier d’un Passé radieux.
Aux siècles écoulés survivent les Aïeux.Les palais, les remparts que l’Age démantèleEt les arceaux tombés sous le lierre en dentelleÉternisent les Faits par leurs débris pieux.
Le Temps voue à l’oubli les futiles paroles ;Il les émiette ainsi que le vent des corolles.Mais l’Histoire, debout, le chef casqué de fer,
Les yeux fixés au sept collines triomphales,Écoute de leurs flancs monter comme une merLa voix des vieux Héros dans le chant des Arvales.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources