Les heures de la muse - I, 1902· La toscane· Ii. le poème de sienne
Lever de soleil
Pour Camille Bellaigue.
Matins mystérieux, matins légers de Sienne,Beaux matins transparents ;O calmes horizons, lumière aérienne,Brises, parfums errants…
Déjà l’aurore fuit, au fond des étendues,Le jour et sa clartéQui réveillent les murs, les places et les rues.Quel spectacle enchanté !
C’est l’heure où tu souris, ville du Moyen Age,Dans tes remparts étroits,Sous les rayons ardents nimbant ton paysage,Éclaboussant tes toits.
Les pâles oliviers qui cerclent ton enceinteD’un orbe d’argent clair,Avec des gestes doux frissonnent, et leur plainteS’épand comme une mer.
Tes pins noirs, tes tilleuls ombrageant les terrassesSe remplissent d’oiseaux.Au pied de tes remparts les fontaines vivacesRient au son de leurs eaux.
Et tes cloches, après les silences nocturnes,Lancent dans l’air vermeil,Du haut des dômes d’or vibrants comme des urnes,Leur grand hymne au soleil.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources