Les heures de la muse - I, 1902· L’Ombrie
Ombrie
Ombrie, ô pays de lumière,Devant ton auguste beautéEt l’horizon illimitéDe ta campagne riche et fière ;
En pénétrant dans tes forêts,Tes combes pleines de cascadesEt tes cités dont les arcadesDe loin surplombent les guérets ;
En foulant ta terre si blonde,Tes pics où sonnent les talons ;En reposant dans tes vallonsParfois ma course vagabonde ;
En respirant l’air tiède et douxTombé des crêtes ApenninesEt baisant au bord des ravinesLes liserons et les coucous :
Il m’est souvenu de ma France,De ses taillis et de ses blés,Et de ses grands monts constellésDe fleurettes en abondance.
Ces vers écrits avec ferveurVeulent en célébrant ta grâceRappeler le charme et la raceDe la Gaule chère à mon cœur.
Car j’ai retrouvé ma TouraineEn tes champs fertiles et gras,Et le Bourget et ses flots lasDans ton divin lac Trasimène.
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources