Les heures de la muse - Ii, 1902· Le printemps, l’été, l’automne· L’automne
Épigramme
La rose que tu m’as donnée était charmanteAvec sa nacre pâle et son air de langueur.Elle penchait sur moi son visage d’amanteEt versait dans mon sein tout l’amour de son cœur.
Triste de son sourire et belle de sa grâce,Se dérobant parfois et s’offrant tour à tourA ma lèvre, on voyait de sa corolle lasseLes pétales tomber comme des pleurs d’amour.
Et dans le soir frileux de cet arrière Automne,Elle apportait, enclos au parfum de sa chair,Le suprême soupir de l’âme qui frissonneDans la campagne grave au seuil noir de l’Hiver.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources