Les heures de la muse - Ii, 1902· Près de la souffrance
Humanité
A Monsieur Durand-Gréville.
A la foule qui passe en hurlant ou qui pleureMontre un front charitable et des regards cléments.Souris aux rêves d’or que forment les amants.Sois indulgent à ceux que la matière leurre.
Soutiens les cœurs déçus que l’âpre doute effleureEt pour qui l’existence a trahi ses serments ;Réponds par la tendresse à leurs gémissementsEt prends-les dans tes bras quand les deuils sonnent l’heure.
A tout le genre humain unis-toi chaque jour.Reste juste. Confonds dans un commun amourL’humble ouvrier qui peine et l’artiste qui crée.
Prodigue sans compter des trésors d’amitiéEt que, telle une fleur délicate et sacrée,Au tréfond de ton âme éclose la Pitié.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources