Les heures de la muse - Ii, 1902· Les antiques
L’irrésistible amour
Pour Charles Foley.
Longumque bibebat amorem.
Ni l’armure de bronze où se moule ta forme,Ni le char triomphal au lourd quadrige d’or,Ni la gloire n’ont pu, sublime Imperator,Garder ton cœur invulnérable à l’Amour morne.
Devant l’autel d’Hermès parant le creux d’un ormeQui tendait à l’azur ses rameaux verts encor,Tu la vis, au milieu d’un agreste décor,Blanche, frèle et debout auprès de l’arbre énorme.
Le souvenir t’est cher d’un tel jour ! Les regardsDe la Vierge fixaient sans peur tes étendardsRuisselants de soleil et claquant à la brise.
Et tu n’oublieras point, dans l’élan tendre et fouQui jeta sur ton sein troublé l’enfant éprise,La fraîcheur de ses bras en collier à ton cou.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources