Les heures de la muse - Ii, 1902· Les antiques· Hercule et Déjanire
III. La seule Déjanire
Parfois, quand le matin sourit à la roséeEt qu’un pâle brouillard voltige sur les prés,Les amants, au réveil, heureux, enamourés,Contemplent longuement leur face reposée.
Un frelon violet, une mouche roséeBourdonnent au parvis. Et les raisins dorésBrillent pendus au tronc des figuiers azurés.L’aube éclatante emplit les yeux de l’épousée ;
Et sur leurs rayons verts Hercule voit soudainS’enfuir comme un léger, muet et frèle essaim,La courte vision des maîtresses passées :
Mégare, Astidamie, Omphale aux blonds cheveux,Parthenope, Épicaste, Augès aux bras nerveux,Car seule Déjanire impose à ses pensées.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources