Les heures de la muse - Ii, 1902· Les antiques· Hercule et Déjanire
IV. Le passage du fleuve Événus
Au bord de l’Événus, le fleuve aux grandes eauxQui féconde les champs heureux de l’Étolie,Dans sa marche à moitié déjà presque accomplie,Hercule est arrêté, pensif, près des roseaux.
Déjanire gaiement caresse les oiseauxQue lui donna jadis sa nourrice Thalie.Elle rêve à Trachine, aux monts de Thessalie,Aux jeux avec ses sœurs dont tournaient les fuseaux.
L’onde mugit. Le soleil baisse et le temps passe.Hercule, dépité, cherche en vain une placePour descendre et nager au gouffre qu’il pressent ;
Mais Nessus apparaît sans rame ni navire.Sur son énorme épaule il asseoit DéjanireEt, monstre aux bras velus, fend le flot mugissant.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources