Les heures de la muse - Ii, 1902· Les antiques
La sieste
Pour Maurice Olivaint.
Somne, quies animi, curarum, Somne, levamen.
Un rayon de soleil aux fentes de la portePénètre et vient baiser le marbre rose clairDes dalles. Çà et là, il allume un éclairAu front des aigles d’or qu’un étendard supporte.
La Nature se tait sous la chaleur trop forte.Nul gazouillis d’oiseaux. Aucun souffle dans l’air.Et seule une araignée autour du buis amerLace de fils soyeux quelque cétoine morte.
De l’atrium le son du limpide jet d’eauT’arrive par instants. Son doux et frais échoDélicieusement repose ta pensée.
Ton œil se ferme. Dors ! Près de ton lit vermeilLes Lares veilleront sur ton calme sommeil.Dors ! que ton amour soit de beaux songes bercée !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources