Les heures de la muse - Ii, 1902· Les antiques
Les vendanges
Pour André Rivoire.
Plenaque purpureo subrubet uva mero.
Déjà le vin nouveau rougit l’amphore pleine,Nérine, le plaisir étincelle en tes yeux.Dans les chemins emplis de vignerons joyeuxPasse en chantant, couronne au front, le vieux Silène.
L’odeur des raisins mûrs s’épand avec l’haleineDu zéphyr. Tout est joie et clarté sous les cieux.Et les aïeules même ont de leurs doigts très vieuxGuirlandé leur quenouille où pend la blanche laine.
Viens ! Égarons nos pas dans l’herbe du verger.La vendange s’achève et l’on voit voltigerLa guêpe au corset d’or près du sein de Pomone.
Cueillons la fleur de vie et laissons notre amourS’ouvrir comme une rose en ce suprême jourOù Septembre sourit au tombeau de l’Automne.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources